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Ode épique à Malte : “The Kappillan of Malta”, de Nicholas Montsarrat

14 Novembre 2012 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Au fil des pages...

À peine a-t-on le temps d'entendre les sirènes d'alerte retentir que déjà les bombes sifflent et s'écrasent, dévastant tout sur leur passage, laissant dans leur sillage hommes, femmes, vieillards et enfants en fuite ou mourants, des cadavres enterrés sous les décombres, les vestiges d'une civilisation brillante qui s'écroule sous les bombardements ennemis.

 

Science-fiction ? Reportage de guerre ? Il s'agit en fait ici d'un roman historique de Nicholas Montsarrat, romancier britannique engagé dans la Royal Naval Volunteer Reserve pendant la Seconde Guerre Mondiale, et témoin de nombreuses batailles - expérience dont il a tiré la plupart de ses écrits. Après une carrière diplomatique qui l'aura mené en Afrique du Sud puis au Canada, il décide en 1959 de se dédier entièrement à l'écriture et se retire sur l'île de Guernsey, au large de l'Angleterre, puis sur l'île de Gozo, à Malte, qui sera le théâtre de l'un de ses derniers romans, publié en 1973 sous le titre The Kappillan of Malta.

 

« The Kappillan », surnommé en maltais « il-kappilan 'ta-katakombi », est le protagoniste de ce livre où l'érudition prend malheureusement souvent le pas sur la fiction, et les gloses historiques sur l'action : l'on traverse ainsi l'histoire de Malte des temples mégalithiques à l'occupation britannique, dans un style qui tient davantage du manuel d'histoire-géographie que d'une véritable verve littéraire.

 

En sautant quelques pages peut-être rébarbatives, on se passionne malgré tout pour l'histoire de Dun Salv, ce prêtre humble et modeste, dédié à l'amour de Dieu, de ses ouailles et de sa terre, qui, dans une atmosphère apocalyptique, rejoint ses fidèles qui se sont réfugiés dans les catacombes creusées sous La Valette pour partager leur maigre pain quotidien et leurs frayeurs, et soutenir leur foi et leur amour patriote.

 

Autour de lui gravitent des personnages hauts en couleur, de sa baronnesse de mère, fleuron de l'aristocratie maltaise, à un nain au caractère bien trempé, en passant par une galerie de portraits pittoresques.

 

Fresque épique d'un épisode méconnu de la Seconde Guerre Mondiale, mais qui a presque entièrement rasé la capitale maltaise et marqué l'histoire de ce petit pays – depuis, La Valette a retrouvé son éclat de jadis et les Maltais fièrement conquis, grâce à leur bravoure, la George Cross qui orne leur drapeau rouge et blanc.

 

the-kappillan-of-malta.jpg

 

The Kappillan of Malta, Cassell Military Paperback, 2001, 464 p., traduction en français de Renée Tesnières, publiée sous le titre Don Salvatore, chapelain de Malte, Paris, Presses de la Cité, 1974, 422 p. - disponible en e-book.

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