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So British! But made in... Malta

21 Novembre 2012 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Incongruités

Placée sous l'emblème de la George Cross, qui orne son drapeau rouge et blanc, Malte conserve avec son ancien tuteur, le Royaume-Uni, une relation ambivalente qui oscille entre une vassalité déguisée et des sursauts de souveraineté aux inflexions âprement nationalistes.

 

L'occupation anglaise de l'archipel de Malte, considéré comme une colonie britannique par la Couronne à partir de l'occupation des troupes en 1814 jusqu'à la déclaration de l'indépendance en 1964, a en effet laissé de nombreuses traces, profondément inscrites, dans la culture maltaise.

 

Après avoir vécu deux ans au Royaume-Uni, certains détails nous sautent aux yeux comme un écho familier ; la multitude d'Anglais qui viennent chaque année en vacances sur l'île doivent finir par se sentir un peu chez eux – à quelques averses près...

 

Les vestiges les plus visibles, à chaque coin de rue, sont les cabines téléphoniques et les boîtes aux lettres rouges marquées par la Couronne britannique :

 

Malte - Mdina 15

 

L'urbanisme a par endroits tout d'un borough londonien, avec son enfilade de « maisonnettes » (comme on les appelle à Londres) toutes identiques, collées les unes aux autres, précédées par un jardinet et une allée de gravier parfois peuplés de nains de jardins ; le balcon de bois maltais y remplace la bow-window, mais l'esprit de ces quartiers résidentiels de banlieue anglaise reste le même.

 

Malte - Kalkara 4

 

Comme vous pouvez le voir sur ce panneau de signalisation, les voitures ont le volant à droite et l'on conduit du côté gauche, le code de la route suivant le modèle britannique – aux risques et périls des touristes désorientés !

 

Les CCTV (caméras de vidéo-surveillance) abondent, parfois aux endroits les plus incongrus.

 

Dans les rayons de supermarchés, les chocolats Cadbury's, les digestive biscuits, le cheddar, la Worcestershire sauce,le corned-beef, les ingrédients exotiques pour cuisine indienne ou thaï, les tomato beans, le pain de mie... directement importés du Royaume-Uni côtoient les produits locaux ou importés d'Espagne, d'Italie ou du Maghreb.

 

Et les consommations en boisson vont davantage vers le thé (« wanna cuppa ? ») que vers le café, et vers la bière que vers le vin, pourtant boisson pluriséculaire des pourtours de la Méditerranée.

 

La législation est basée sur la common law et non sur le droit romain ou la charia, comme c'est le cas dans la plupart des pays méditerranéens.

 

Enfin, l'anglais est omniprésent dans la vie quotidienne : signalisations, journaux, télévision, radio, livres, dépliants... presque toutes les publications, à moins d'avoir un caractère strictement local, sont bilingues maltais-anglais, les deux langues officielles reconnues comme telles par la Constitution de la République de Malte ; les habitants maîtrisent tous plus ou moins l'anglais comme une deuxième, voire première, langue, et ce dès le plus jeune âge – au point que les chaînes de télévision en anglais ne proposent pas de sous-titres.

 

Mais les Maltais n'en sont pas moins farouchement attachés à leur langue, qui a fait l'objet d'âpres disputes et de multiple influences avant de devenir le fascinant mélange d'arabe, d'italien, et de dialectes méditerranéens dont je vous reparlerai ailleurs.

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