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Égalité, Fraternité, Laïcité ?

23 Septembre 2011 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Vie étudiante

En France, le rêve de Jean Jaurès s’est effondré depuis longtemps : l’école unique, laïque, gratuite et obligatoire ? Foutaises ! Les élèves sont dans une compétition intellectuelle, sociale, et en particulier vestimentaire permanente : c’est à qui aura le plus grand nombre de fringues de marques, les jeans les plus chers, le sac le plus « in », et ceux qui, par principe ou par impossibilité financière, ne rentreraient pas dans ce petit jeu cruel, se trouvent mis à l’écart des cours de récré, marginalisés et méprisés.

 

Ne parlons pas de la question du voile, éternel brûlot politique qui soulève chaque année de nouveaux débats stériles.

 

Et si nous adoptions, nous aussi, l’uniforme scolaire ? Le poids du regard social resurgirait sans doute de plus belle à l’extérieur, mais peut-être se tairait-il dans l’enceinte de l’école, qui se doit, de par la Constitution, d’être laïque et égalitaire…

 

La plupart des écoles brésiliennes ont, elles, un uniforme :

 

Uniforme-scolaire.jpg

 

Mais loin de l’uniforme strict (un brin ridicule, il faut l’avouer, mais si craquant) des collèges anglo-saxons, au Brésil les écoliers portent un simple T-shirt aux couleurs de l’établissement et aux allures de maillot de foot : léger, confortable, trendy, on le porte sur une paire de jeans, un short, une jupe… qui à leur tour seront de marque ou pas, suscitant la convoitise et/ou le mépris.

 

Alors, souplesse, ou hypocrisie ?

 

Car l’uniforme ne suffit pas à masquer les différences : il n’y a qu’à voir, dans mon quartier de Londres, ces adolescentes noires dont le corps de femme déjà mûr, aux courbes pleines et rebondies, semble étriqué et presque grotesque dans ces uniformes de fillettes. L’uniforme ne gomme ni l’âge, ni le sexe, ni le poids, ni la taille, ni la couleur de peau. N'oublions pas qu’outre le pouvoir d’achat et les choix de consommation, ce sont souvent, malheureusement, ces derniers facteurs qui causent le plus de discriminations à l’école.

 

Laissons donc les différences s’exprimer ; mais apprenons à les accepter. Et c’est dès le plus jeune âge que cet apprentissage doit se faire : en découvrant ce que l’Autre a à nous apporter, ce que nous pouvons lui donner en échange, et de cette complémentarité nourrir une amitié. Cela peut sembler un discours mièvre, ou déjà-vu... mais il faut parfois employer de gros mots rebattus et clichés pour faire passer une idée.

 

Renforçons notre esprit critique aussi : l’apparence ne fait pas le moine, certes, mais elle est l’expression d’une manière d’être (et même un symbole d’appartenance au groupe, à un âge aussi grégaire que l’adolescence). Apprenons à la décoder, et à voir au-delà de la surface. Il y a souvent, cachés au fond des gens, des trésors insoupçonnés d’humanité.

 

Si on n’atteint pas l’égalité, ainsi pourra-t-on du moins planter quelques graines de fraternité…

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