Brésil : terre d’accueil, terre d’exil ?
Depuis bientôt deux siècles, le Brésil n’a cessé d’accueillir de nouveaux arrivants pleins d’espoir devenus à leur tour Brésiliens, sinon de souche, du moins de cœur. Aujourd’hui, le pays continue à recevoir des immigrants, Paraguayens et Boliviens fuyant la misère socio-économique, arabes du Moyen-Orient fuyant des pays en guerre, « cerveaux » et businessmen européens et américains investissant les universités et les sièges des multinationales…
La nouveauté, c’est que depuis deux décennies, le nombre de Brésiliens émigrés pour tenter leur chance ailleurs a largement dépassé celui des immigrés : CSP++ partant vers le Canada et l’Australie, populations pauvres du Nord-Este rejoignant les mines du Surinam, de la Guyane et du Vénézuéla, et descendants d’Allemands, d’Italiens et d’Espagnols utilisant leur double nationalité pour gagner l’Union Européenne et ses opportunités.
Les principales destinations sont :
- le Portugal, cible des classes moyennes (en particulier dentistes et professions médiatiques) ;
- le Paraguay, qui a absorbé l’expansion de la frontière agricole brésilienne et compte aujourd’hui plus de 300 000 agriculteurs installés sur son territoire, en particulier « gauchos » et habitants de l’Etat du Parana ;
- le Japon, où des centaines de milliers de descendants de Japonais nés au Brésil exercent des fonctions subalternes dans l’industrie japonaise ;
- les Etats-Unis, où les Brésiliens exercent des activités modestes (maçons, cireurs de chaussures), à New York et Boston en particulier, et généralement de manière illégale ;
Le Brésil est donc en train de se transformer de pays « pull » en pays « push », pour reprendre le jargon des études migratoires… Etrange, si l’on compare avec le Japon, l’Espagne et l’Italie, terres historiques d’é-migration, devenues, elles, terres d’im-migrations depuis quelques décennies…avec tous les problèmes que cela pose en termes d’intégration, de racisme et autres tensions sociales, dans des pays qui n’ont pas été habitués à recevoir des étrangers.
On appelle ça, je crois, les vases communiquants…