Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tarija

7 Septembre 2011 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

1er - 6 juillet 2010

 

Tarija est, dit-on, la ville la plus argentine de Bolivie. Le dépaysement y est donc moindre, quand on vient de Salta et Jujuy, qu’à Sucre, Cochabamba, Oruro ou La Paz. Mais je dois retrouver mon Passereau et sa famille à Santa Cruz de la Sierra dans une semaine, et vu les conditions de voyage dans ce pays, je n’ai pas le temps d’explorer d’autres régions ; je laisse donc le cœur plus authentique de la Bolivie pour un autre périple.


Ce qui ne m’empêche pas de tomber sous le charme de Tarija, de ses places fleuries, de ses rues animées, de ses alentours rustiques, de son marché bariolé, de ses églises baroques, de ses petits commerces et de ses habitants, mélange ethnique explosif.

 

 

Tarija - Tienda de artesanías

 

Tarija - Iglesia 

 

Tarija - Mujeres en la calle

 

 


Il n’y a cependant pas grand’ chose à faire à Tarija : mon occupation principale aura donc été de lire à l’ombre d’un arbre, assise sur un banc dans l’un des tranquilles petits squares que l’on trouve aux quatre coins de la ville,

 

Tarija - Plaza Luis Fuentes 2

 

de flâner dans les rues, et surtout au marché, où je ne peux échapper à l’incessante question « Qué vas a llevar, mamita ? » (« que vas-tu acheter, mamita[1] ? ») que toutes les marchandes me posent. À leur grand regret, je me contente souvent de regarder, de me repaître les yeux et les narines de cette débâcle de fruits, de légumes, de viandes, pains et pâtisseries, et de l’animation qui les entoure.

 

Tarija - Mercado Central - Carnes

 

Tarija - Mercado Central - Panecillos

 

Tarija - Mercado Central - Panes

 

Tarija - Mercado Central - Cereales

 

Tarija - Mercado Central - Verduras

 

Tarija - Mercado Central - Licuados

 

Tarija - Mercado Central - Galletitas

 

 

 

Car on vient au marché pour acheter de quoi cuisiner, mais aussi pour y manger, et nombre de cholitas sont installées sur le trottoir, avec leurs grandes casseroles remplies de mixtures appétissantes, qu’elles vendent à l’assiette aux passants.

 

Tarija - Comida en la calle

 

Tarija - Mercado Central - Comidas

 

Tarija - Mercado Central - Patio de comidas

 

Les gens mangent en effet beaucoup dans la rue en Bolivie, des hors-d’œuvre, des friandises, voire même des plats, comme ce « leche con mote » apparemment très prisé.

 

Tarija - Mercado Central - Mujer preparando la leche con mo

 

Tarija - Mercado Central - Leche con mote

 

Un fait curieux à Tarija, c’est son incroyable excursion thermique quotidienne : l’on peut passer l’après-midi en débardeur, et la nuit en blouson.

 

Le 3 juillet, veille du 436è anniversaire de la fondation de Tarija, la fête battait son plein sur la place Parque Bolivar : on y inaugurait la nouvelle fontaine avec force discours, chants et démonstrations de danses folkloriques en costumes traditionnels : les garçons en pantalon de gaucho, sombrero et foulard ; les filles en jupons à volants, châles brodés, tresses et fleurs dans les cheveux coiffés d’un chapeau calé sur l’arrière de la tête ; et tous, des tout petits (6-7 ans) aux plus grands, enchaînaient fièrement les pas de la rueda chapaca. La soirée se conclut par une « serenata » : différents groupes de musique se succèdent sur la petite scène installée face à la fontaine, mais point de rock ni de rap : ici ce sont les musiques traditionnelles (cuecas, chacareras, cumbias… des rythmes très semblables à ceux du Nord de l’Argentine), parfois certes un peu remixées au goût du jour, qui font danser les jeunes… et les moins jeunes !


Aux alentours de Tarija se trouvent de petits villages, où il n’y a pas non plus grand’ choses à faire, mais qui valent le détour pour une escapade d’une demi-journée : San Lorenzo, par exemple, est un petit village à 15 km de Tarija, dont les rues pavées, les maisons blanches aux balcons chargés de fleurs et la paisible placette plantée d’arbres et de fleurs, traversée par un brise légère et rafraîchissante, ont un certain charme…

 

San Lorenzo 7

 

San Lorenzo 5

 

San Lorenzo 4

 

 

Un peu plus loin, à 25 km de Tarija, El Valle de la Concepción, une région de production viticole rappelle cette atmosphère tranquille et rurale.

 

Valle de la Concepción

 

Dans la Casa Vieja,

 

Valle de la Concepción - Casa Vieja 1

 

une bâtisse traditionnelle du XVIè siècle, la petite cour aux pavés disjoints, les murs de pierre recouverts de plantes grimpantes et les fauteuils en rotin invitent à se laisser rafraîchir par l’ombre et la brise fraîche,

 

 

Valle de la Concepción - Casa Vieja 2

 

Valle de la Concepción - Casa Vieja 4

 

Valle de la Concepción - Casa Vieja 3

 

tout en cuvant le vin proposé en dégustation : cette maison, qui produit sur 40 hectares et exporte dans tout le pays, propose en effet trois « vinos ásperos », recommandés pour accompagner des viandes, deux « vinos semi-dulces », plutôt conseillés en guise d’apéritif ou pour le dessert, des « vinos tipo Oporto » (idem), du « Singani » (un « aguardiente », eau-devie, proche de la « grappa » italienne), et enfin, curiosité locale, du « vino patero », ainsi nommé car produit à partir de raisin foulé selon la méthode traditionnelle : pieds nus ou en bottes. La région célèbre d’ailleurs chaque année en février la Fiesta de la Uva y de la Vendimia : au programme, défilés de chars, élection de la Reina de la Uva, « serenata » et bals folkloriques… les vins ne sont pas de la meilleure qualité, mais l’atmosphère doit valoir le détour !

 

Valle de la Concepción - Fiesta de la Uva



[1] « mamita » est un terme, si je ne me trompe, mi-affectueux, mi-méprisant utilisé à l’égard des jeunes filles gringas.

Partager cet article

Commenter cet article