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Secrets bolonais - bis

18 Novembre 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Italie & Cie

A ceux à qui ce dernier billet aurait donné envie d’aller vérifier in situ l’illusion optique du « Nettuno » ou le nombre de marches de la Torre Asinelli, je vais confier d’autres petits secrets pour agrémenter leur séjour, façon « dolce vita » bien entendu !

 

Pour commencer la journée du bon pied, le quartier de l’Université regorge de petits « bar » où prendre un cappuccino sur le pouce, feuilleter la presse et mordre dans une « brioche » en compagnie d’étudiants finissant leur nuit au-dessus de leurs notes de cours ; les bibliophiles se réfugieront ensuite dans les petites librairies alentour, fouillant avec délices dans les rayons chargés de livres anciens, admirant des gravures de la Bologne d’antan, dans l’odeur aigre de cuir des vieilles reliures et du bois vermoulu et silence des veilleurs de savoir.

 

Un petit creux ? « La Tua Piadina »[1], dont je vous parlais il y a peu, sise Via Borgonuovo, offre de quoi combler les appétits à midi, avec un choix de piadine moelleuses et de garnitures savoureuses ; si vous êtes gourmands, vos pas vous mèneront ensuite tout naturellement Via Castiglione, vers « La Sorbetteria Castiglione »[2] une « gelateria » dont la renommée dépasse le cadre bolonais. Les glaces y sont artisanales, et les produits, comme la pistache de Sicile ou la noisette du Piémont, d’origine certifiée : peu de parfums, mais de la qualité ! Le « cioccolato amaro fondente » vaut à lui seul le détour : un chef-d’œuvre d’onctuosité marié à la puissance du cacao pur, qui épouse délicieusement les sorbets de fruits adjacents (citron, fraise, café et, selon la saison, orange, mandarine, pêche, melon, fraise des bois, etc.). Les plus aventureux goûteront aux « Creme speciali »®, des parfums inventés par Marina et Giacomo, artisans aux doigts d’or froid et à la créativité débridée : « Crema Michelangelo »®, une crème d’amande aux amandes pralinées, « Dolce Emma »®, saveur d’automne alliant ricotta, figues caramélisées et moût de raisin, et « Edoardo »®, la tendresse du mascarpone et le craquant des pignons de pin.

 

Les pentes collineuses des Giardini Margherita, au bout de la Via Castiglione, se prêteront à merveille à la dégustation de ces saveurs caressantes...




A moins que vous ne préfériez le dédale de vicoletti et leurs portici, parfois ornés (pensez à lever le nez !) de fresques délicatement ouvragées ; ou les boutiques de la Via Farini, alternant design contemporain aux lignes épurées, et haute-couture aux silhouettes délurées…

 

Chantre du « style », le café « Aroma »[3] accueille, dans un espace aussi restreint, mais dans un esprit différent des bars traditionnels, les amateurs de cet étrange petit grain noir : « le café dans sa plus grande expression, élégant, pur ou dans des assortiments raffinés avec des spécialités dont les notes de goût n’effacent pas celles de la boisson, mais les intègrent et les enrichissent de grandes suggestions ». Une philosophie que l’on déguste sur un fond de sonates baroques, comme une invitation à voyager dans le temps, quand les dames de la cour et les grands savants en exploraient les effets sur le corps humain…

 

Un peu plus loin dans la même rue (Via Porta Nova), le magasin « StregaTE »[4] propose sa sélection de thés, noirs, verts, ou parfumés, et d’infusions, ainsi que des accessoires indispensables à leur préparation.




Et, pour faire écho au jeu de mots (« strega » = « sorcière » et « tè » =  « thé »), je dois dire que j’ai été envoûtée par la gentillesse, la compétence et la disponibilité de Simona, et par ses breuvages fleuris et épicés, véritables philtres de plaisir ! Rien d’étonnant donc à ce que l’une des nouveautés de cette automne ait été baptisée « Tè degli Incantesimi » (« Thé des Enchantements ») : un mélange de thés noirs, meringues, orange, boutons de rose, raisin de Corinthe, clous de girofle et cardamome… le charme opère ! Quant au « Bacio di Dama » (« Baiser de Dame »), harmonieux mélange de thés noirs avec des pralines de chocolat, du cacao, du poivre rose et des pétales de rose, il réveillera en douceur les princes au bois dormant.

 


Des noms ensorcelants, évocateurs de rêveries féériques ou d’horizons lointains… Les thés verts, eux, poussent la boussole du côté de l’Orient, avec des saveurs pleines de fraîcheur et d’exotisme : « Bamboo Tea » (mélange de thés verts avec des feuilles de bambou, de l’orange, de l’ananas, de la papaye confite, du riz soufflé, du pop-corn et des pétales de rose) et la nouvelle « Danse des Vents » (mélange de thés verts agrémenté de grenade, raisin, framboises et myrtilles). Les amateurs de tisanes ne seront pas en reste, avec des sélections parfumées garanties sans théine, et une ligne santé qui enverra aux oubliettes les insipides « pisse-mémé ». Grande buveuse d’eau chaude sous toutes ses formes, je ne manque pas de passer refaire mon stock de grands classiques et de nouveautés chaque fois que je suis dans les parages…

 

Un autre endroit où je vais me ravitailler, c’est, à deux pas, la Sala Borsa, l’ancienne chambre du commerce, aujourd’hui transformée en complexe culturel, avec une bibliothèque-médiathèque, une librairie, une papeterie, une espace d’expositions, un cyber-café :




de quoi rester des heures à lire des quatrièmes de couverture, se laisser tenter par le dernier roman de son auteur fétiche, et ressortir avec une pile de bouquins qui n’attendront point à demain !

 

En traversant ensuite la bruyante Via Rizzoli, l’on n’apprécie que davantage le calme de la Via Oberdan et de ses petites boutiques d’antiquités ; de ruelle en placette, voici la Via Belle Arti, où se trouve, à l’angle, un petit cinéma d’art et d’essai – j’ai y souvent chopé une séance à la dernière minute, pour voir, dans une petite salle obscure et dépeuplée, les dernières productions du cinéma italien alternatif (Nanni Moretti & Cie) et des films étrangers un peu dérangeants.

 

En sortant, à quelques pas sur la gauche, la Pizzeria Belle Arti saura satisfaire les appétits naissants avec des pizzas de roi ! La « Regina » (« Reine ») y est en effet… royale ! La garniture mêle généreusement des champignons frais émincés à une fine chiffonnade de jambon cuit et des lanières de mozzarella fondante, le tout sur une pâte fine, croustillante et moelleuse à la fois : chef-d’œuvre pizzaiolo que l’on peut d’ailleurs admirer à l’entrée, où les petits mitrons s’échauffent à coups de poing dans des boules de pâte à pain, avant de les aplatir d’un tour de main rapide comme l’éclair. Le four trône à côté, et les pizze se débitent à tour de bras : preuve d’un succès qui, d’année en année, ne se dément pas ! Il y a d’ailleurs toujours foule à l’entrée, soit pour dîner sur l’une de ces tables de bois avec nappe à carreaux façon trattoria, soit pour emporter de quoi grignoter devant la télé, ou les révisions du prochain exam…

Mais si le lieu, spacieux, et l’ambiance, chaleureuse, se prêtent bien aux grandes tablées, un espace est réservé à l’écart, pour les dîners aux chandelles et les tête-à-tête romantiques : on l’appelle « il giardino », et, avec ses tentures blanches, ses plantes vertes et ses petites fontaines, on se croirait en effet sous une tonnelle au fond du jardin. La cuisine, d’inspiration méridionale, offre également d’exquis « primi » (« premiers » plats) de pasta et de risotto, ainsi que d’excellents « secondi » de poissons et fruits de mer ; accompagnés d’un verre de Valpolicella, et voilà que « Libiamo nei lieti calici… »

 

D’ailleurs, les mordus d’opéra qui auraient reconnu là un air célèbre de la « Traviata » de Verdi, n’auront que deux pas à faire pour rejoindre le « Teatro Comunale »[5] de Bologne :




Claudio Abbado y a souvent dirigé des pièces majeures du répertoire classique, et d’autres grands maestri se relaient aujourd’hui à la baguette pour enchanter le public bolonais ; les abonnés raflent souvent la presque totalité des billets, mais en vous présentant à la billetterie une à deux heures avant la représentation, et avec beaucoup de chance de votre côté, vous pourrez peut-être obtenir un billet au rabais. Alors, sous les ors, les lustres et les velours, la commedia se jouera sur scène, et dans la salle : la parade des Italiens sur leur trente-et-un vous offrira deux spectacles pour le prix d’un !

 

Ceux qui préféreraient s’encanailler pourront aller Via del Pratello où, dans un esprit plus bohème, la bière coule à flot et la jeunesse utopiste refait le monde en plus beau, parfois jusqu’à l’aube d’un jour nouveau…

 



[1] La Tua Piadina, Via Borgonuovo 17, tel : +39 051 270959 ; http://www.latuapiadina.com

[2] La Sorbetteria Castiglione, Via Castiglione 44 ; tel : +39 051 233257 ; fermé le lundi ; http://www.lasorbetteria.it

[3] Aroma, Via Porta Nova 12/b, tel : +39 051 225895 ; http://www.ilpiaceredelcaffe.it

[4] StregaTE, Via Porta Nova 7/a, tel : +39 051 051 222564 ; http://www.stregate.it

[5] Teatro Comunale di Bologna, Largo Respighi 1 ; tel : +39 051 529958 ; http://www.tcbo.it/


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pm 29/11/2009 11:03


que de souvenirs à la lecture de ces articles sur Bologne et que de chemin parcouru depuis la visite de cette ville
j espere que tout ce passe bien pour toi


Passerelle 01/12/2009 18:35


Je ne suis pas la seule à être tombée sous le charme de Bologne, n'est-ce pas ? Heureuse que ces quelques pages aient pu réveiller de bons souvenirs...

Ici tout va bien, les difficultés des premiers temps, mais dès que tout sera réglé, je vous raconterai nos débuts porteños.