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Premiers pas porteños

4 Décembre 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Réalités

 

J’aime beaucoup les auberges de jeunesse ; je crois en avoir déjà parlé dans un autre billet, c’est un système économique pour routards à petits budgets, et/ou en quête de convivialité ; on y rencontre des voyageurs de tous âges et tous horizons, et c’est une bonne leçon de tolérance et de « vivre-ensemble ».

 

Néanmoins, dans le contexte actuel, je me voyais mal débarquer avec mes deux grosses valises et mon grand sac à dos dans un dortoir de globe-trotters en transit, tandis que j’allais devoir me chercher un point d’ancrage. P., qui devait me rejoindre peu après mon arrivée depuis son Brésil natal, a donc eu l’idée de louer un de ces appartements meublés et tout équipés, destinés aux touristes de plus ou moins courte durée, via l’un de ces innombrables sites Internet qui pourront peut-être vous servir un jour : http://www.stopinbuenosaires.com.ar/, http://www.apartmentsinbaires.com.ar/, http://buenosairesdepartamentos.com/, etc...

 

Et c’est en effet ce qui s’est avéré le plus pratique : un point de chute spacieux et chaleureux, à partir duquel chercher un autre petit nid temporaire une fois sur place, sans trop de hâte et avec davantage d’intimité.

 

Nous avons donc pour commencer atterri dans le pittoresque quartier de San Telmo, et, les jours passant, sommes tombés sous le charme de cet endroit central mais pas trop urbain, un brin décadent mais pas dangereux, fourmillant d’animation mais pas trop touristique. Renseignements pris et après comparaison des offres immobilières, c’est donc là que nous avons décidé de chercher notre prochain refuge. Nous sommes encore en phase de prospection, affaire à suivre, donc.

 

Mais cette première semaine nous a permis de percevoir déjà quelques traits de ce quartier : une sorte d’Italie des années 1950, telle qu’on l’imagine à la vue des films du néo-réalisme ou à la lecture des romans de Laura Morante, Alberto Moravia, Cesare Pavese, et autres grandes plumes italiques, mêlée à une bohème parisienne de la Belle Epoque.

 

J’ai retrouvé ainsi certaines des habitudes que j’avais prises lors de mes séjours respectifs à Bologne et à Paris, comme le fait de me fournir directement auprès des petits commerces de bouche, ou de m’asseoir dans un café pour lire, travailler ou simplement rêvasser avec un p’tit noir.

 

Une habitude que je n’avais pas, mais à laquelle il va falloir que je me fasse, est que la plupart de ces appartements en location ne sont généralement pas équipés de machine à laver le linge ; les fées du logis en feront fi et laveront tout à la main, quant aux autres, ils pourront déposer leur linge dans l’un de ces « lavatorios » qui constellent le quartier, aux mains d’une diaspora semble-t-il coréenne ; le soir même, ils retrouveront leur linge tout frais tout propre et peut-être même repassé, pour la modique somme de 10 pesos le panier de linge ; pratique, non ? N’empêche, pour moi, « le linge sale se lave en famille », au propre comme au figuré…

 

Cela fait partie des multiples petites difficultés d’adaptation à une nouvelle réalité, que nous traversons actuellement : se repérer dans les rues, dans les lignes du métro, dans les rayons du supermarché, dans les produits, dans les prix, dans les expressions idiomatiques, dans les usages (par exemple, ici comme au Brésil, lorsque l’on se salue, l’on ne fait qu’une bise – et j’ai toujours l’air idiote en attendant la deuxième comme chez nous !)…

 

Heureusement, P., de par son ascendance bolivienne, est parfaitement bilingue en espagnol, ce qui me facilite bien la vie, car pour ce qui est de communiquer avec les Argentins, je me repose un peu sur lui ; comme nous continuons à parler portugais entre nous, mes progrès en espagnol en seront certainement ralentis, mais je n’en apprends pas moins chaque jour, en discutant avec les commerçants (qui rient à m’entendre court-circuiter portugais, italien et espagnol) et en m’entraînant toute seule avec la télé, les journaux ou un peu de lecture. Tenez, par exemple, je viens de terminer un des grands classiques de la littérature argentine, Bestiario, de Julio Cortázar. Je vous en parlerai dans le prochain billet.


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Julie 09/12/2009 21:54


C'est un plaisir :)))


Julie 07/12/2009 23:06


Ce billet ressemble bien au début d'une grande aventure et surtout de la reprise des bonnes habitudes latino ! Pourtant cela ne fait pas si longtemps que tu étais en France...tu as eu le temps
d'oublier les rudiments latino ? Rigolo comme le naturel revient au galop ! :)
Tu devrais peut-être trouver un pseudo à ton compagnon de route...
Bises (je t'en fais deux)


Passerelle 08/12/2009 00:02


Tu l'as dit, bouffi ! J'espère bien en effet que cette aventure sera à la mesure du continent latino : immense, multiple, bigarrée, riche en surprises et rencontres de tous genres !

Merci de la partager à distance...