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Mendoza

15 Mai 2010 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

Partie de nuit de Buenos Aires, c’est un paysage différent de tous ceux que j’avais pu admirer jusqu’ici en Argentine, et à la fois si familier, que j’ai pu découvrir en ouvrant les rideaux du bus après 15 heures de route : des étendues de vignes et des allées de peupliers, le tout enveloppé par la douceur matinale d’un soleil levant…

 

Llegando a Mendoza 2

 

Je me serais crue  quelque part dans la campagne française ou italienne ; en réalité, j’étais aux abords de Mendoza, première étape de mon voyage à l’Ouest de l’Argentine.

 

La quatrième plus grande agglomération d’Argentine est située au pied de la Précordillère des Andes, au sein de la région du Cuyo, dont le nom  en langue indigène huarpe, « cuyum », signifie « terre sablonneuse » : les huarpes furent en effet les premiers à développer la culture irriguée, et cette pratique est aujourd’hui encore utilisée avec succès dans cette région au climat généralement sec.

 

En 1551, envoyé par le Gouverneur du Chili Pedro de Valdivia, et parti de Cuzco (Haut Pérou), Francisco Villagra fut le premier Espagnol à explorer la région cuyana. Il entretint de bonnes relations avec la tribu d’indios locale, les Huarpes, passa l’hiver avec eux, et rentra au Chili. Après sa mort, le nouveau Gouverneur en titre, García Hurtado de Mendoza, fils du vice-roi du Pérou, chargea le capitaine Pedro del Castillo de peupler la région du Cuyo : en 1561, entre deux tempêtes de sable, ce dernier fonda la « Ciudad de Mendoza del Nuevo Valle de La Rioja ».

 

À l’origine, Mendoza fut créée pour servir d’étape dans le chemin commercial qui reliait le Río de la Plata et la région de Buenos Aires et Montevideo à Santiago du Chili : elle permettait ainsi aux voyageurs de se reposer avant de traverser la Cordillère, et se transforma en véritable plaque tournante du trafic commercial de la région ; selon certains historiens, elle en devint même la deuxième ville plus importante au sein du pays à la fin du XVIIIè siècle.

 

Entre 1814 et 1817, le célébrissime général José Francisco de San Martín, « El Libertador », qui avait été nommé Gouverneur-Intendant de Cuyo, établit à Mendoza le point de départ de sa traversée des Andes ; il put d’ailleurs compter dans son équipée sur la collaboration active de milliers de mendozins, et le « Monumento al Ejército de los Andes » leur rend hommage sur le Cerro de la Gloria.

 

Mendoza - Cerro de la Gloria 1

 

Mais son aventure militaire ne lui fit pas négliger pour autant sa charge d’administrateur, et il oeuvra également à différents projets d’urbanisme dont Mendoza garde encore la trace aujourd’hui, comme le Paseo de Alameda.

 

Cependant, une grande partie des édifices coloniaux furent détruits par un terrible tremblement terre le 20 mars 1861 ; la ville fut reconstruite un peu plus loin, à environ 1 km au sud-ouest de la « área fundacional », dont l’on peut aujourd’hui visiter les ruines au sein du Museo Fundacional de Mendoza ; et elle se dota par la suite de tous les équipements modernes, comme l’illustrent de manière originale et ludique les dioramas en plein air du Museo Popular Callejero, situé sur l’une des principales artères historiques de Mendoza, l’Avenida Las Heras.

 

Mendoza - Museo Popular Callejero 1

 

 

À la fin du XIXème siècle, Mendoza, à l’instar de la plupart des villes argentines, vit arriver un grand nombre d’immigrés, en particulier d’origine italienne, espagnole, arabe, juive, qui contribuèrent à développer la ville et ses alentours en y apportant leurs techniques et savoir-faire ancestraux – culture de la vigne, de l’olivier, des arbres fruitiers… Mendoza vit de nos jours principalement de son activité vinicole et fruticole, ainsi que du traitement du pétrole et, depuis quelques années, du tourisme, grâce à la proximité de sites comme La Caverna de las Brujas de Malargüe ou la station de sports d’hiver de Las Leñas.

 

Après un bref tour dans le centre, Mendoza m’a laissé l’impression d’une ville certainement agréable à vivre, avec ses jolies placettes aux bancs décorés d’azulejos et de fontaines, distribuées comme le chiffre 5 d’un dé autour de la Plaza Independencia, havre de fraîcheur et de verdure au coeur de la ville ;

 

Mendoza - Plaza Independencia 6

 

sa « Peatonal Sarmiento », rue piétonne et commerciale bordée de boutiques chics et de terrasses de cafés ; ses bars à vins animés jusqu’à très tard le soir, en particulier sur l’Avenida Villanueva, lieu de rendez-vous des noctambules ; ses quartiers résidentiels plantés d’arbres et parcourus par les acequias (un réseau de petits canaux qui fonctionnent de manière coordonnée et sont régulés de manière à n'apporter que les quantités d'eau nécessaires) ;

 

Mendoza - Canal

 

son gigantesque Parque Général San Martín, dessiné par l’architecte français Thays, où les mendocinos vont courir, faire du vélo, ou tout simplement admirer le panorama de la Précordillère depuis le Cerro de la Gloria, à 980 mètres d’altitude ;

 

Mendoza - Vista de la Precordillera 3

 

les empanadas de carne (petits chaussons farcis de viande et autres mystérieux mais savoureux ingrédients) d'une petite "oficina" de la rue Chile, dégustées  à la sortie du four, chaudes et fondantes ;

 

Empanadas

 

ses habitants joviaux à l’accent musical, bien plus secourables que leurs compatriotes porteños

 

Néanmoins, il m’a semblé que le meilleur de Mendoza se trouve en-dehors de la ville : à Maipú, par exemple, petite localité à seulement 40 minutes en bus depuis le centre, où je suis allée passer la journée au milieu des vignobles. Suite au prochain billet.

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