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Les trottoirs de Buenos Aires

24 Février 2010 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Réalités

« Les Trottoirs de Buenos Aires » : un nom mythique, un cabaret légendaire, un bout d’Argentine à Paris pour les nostalgiques de la Reina del Plata ; un lieu dédié au tango, qui en a relancé la mode dans la capitale française et dans le monde entier, en accueillant de 1981 à 1990 nombre d’artistes du milieu venus donner des cours ou faire leur show. Son histoire prestigieuse (retracée ici) continue de fasciner les mémoires et de susciter les imaginations…

Mais, au risque de décevoir les âmes romanesques, la réalité des trottoirs de Buenos Aires est bien moins glamour, et m’oblige à me placer dans un tout autre registre, malheureusement des plus prosaïques ; et ce n’est pas de pistes glissantes, de parquets luisants et de pas élégants que je vais vous parler, mais de pavés disloqués, de trous béants, de fuites d’égouts, de chats miaulants, de chiens errants, de déchets éparpillés, de gaz d’échappement, de chewing-gum collant aux pieds, de crottes pas vraiment porte-bonheur, et d’autres légers désagréments qui ont une fâcheuse tendance à gâcher votre promenade, et, en s’accumulant, votre humeur également.

 

Je m’irrite ainsi particulièrement des pavés inégaux, voire impraticables, qui m’obligent à marcher sur la chaussée, ce qui, vu le respect des automobilistes porteños pour le code de la route, et pour le piéton en particulier (voir le précédent billet), s’avère franchement risqué ; ensuite, des climatisations qui non seulement, polluent le paysage visuel et le patrimoine historique comme de disgracieux champignons de modernité, mais aussi fuient, libérant de petites gouttelettes glacées qui tombent négligemment sur les passants démunis de parapluie par 35°C ; puis, des déjections canines que les propriétaires insouciants de nos charmants amis à quatre pattes ne daignent pas ramasser et qui jonchent le sol, devenu un terrain de marelle à grande échelle, où l’on saute à cloche-pied pour éviter de s’embourber ; des eaux usées qui s’écoulent de la porte des immeubles, des gouttières fêlées, et suintent sur les parois, tachant les manches qui les frôlent accidentellement ; de la fumée noire qui s’échappe d’un bus vieux d’un demi-siècle et vous emplit les poumons d’une bonne dose de dioxyde de carbone ; des montagnes de sacs poubelles en équilibre précaire, qui risquent de se déverser sur vos pieds au moindre fil d’air ; et j’en passe… de tous côtés, vous êtes menacés, et un simple paseo peut se transformer en un raid aventure à travers la jungle urbaine – j’exagère à peine : voyez donc ici ce qu’un de mes compatriotes a trouvé à dire à ce sujet, vous verrez que je ne suis pas la seule à râler !

 

Mais le Gobierno de la Ciudad a pris les choses en main, et lancé une grande opération : la campagne « Jugá limpio », qui a même son propre site internet (http://www.jugalimpio.gov.ar/), des spots passant fréquemment à la télé et des affiches placardées aux quatre coins de la ville et des couloirs du « subte » (« métro »), dans lesquels les Porteños sont incités à ramasser les crottes de chien, jeter les poubelles à des horaires déterminés, ne pas jeter de papier par terre… : les règles de base de l’hygiène en société, quoi ! Une grosse œuvre d’éducation en chantier ; et c’est pas gagné…


 

Campaña Juga Limpio

 


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pm 24/02/2010 07:10


les trottoirs pavé pour une filles comme toi qui ne sait pas vivre sans talon doivent être de veritable menace pour tes chevilles fais attention a elle on en a besoin pour randonné dans nos belles
montagnes bises


Passerelle 24/02/2010 12:39


Du coup j'ai remisé les talons et ressorti les ballerines ! C'est plus sûr...