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"La Parrilla 1880"

15 Décembre 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Papilles & Pupilles

Passereau (double masculin de Passerelle), grand carnivore devant l’éternel, avait à peine posé le pied à Buenos Aires qu’il mourait déjà d’envie de goûter à la si célèbre viande argentine et à son non moins célèbre « asado »[1]… pour pouvoir comparer avec le « churrasco » brésilien, dont il est un indéfectible amateur, et, par fierté nationale, proclamer haut et fort la supériorité de ce dernier !

 

[Un conseil : n’allez jamais dire à un Brésilien que la viande argentine est meilleure que la viande brésilienne, et vice-versa : les enjeux sont gros, vous risquez de vous faire des ennemis !]

 

Dimanche midi, nous nous sommes donc rendus dans une « parrilla »[2] recommandée par le guide Lonely Planet, confiants dans l’expertise reconnue de cette bible des routards, qui indiquait un endroit authentique, fréquenté par les porteños, n’ayant rien à voir avec les attrape-touristes de la Plaza Dorrego : « La Parrilla 1880 »[3].


 

Buenos-Aires---La-Parrilla-1880---Sala.jpg

 

Buenos-Aires---La-Parrilla-1880.jpg

 

En effet, à première vue, la clientèle est plutôt locale, et l’endroit assez charmant, traversé d’effluves de viande tendrement braisée. Mais le service fut déplorable : en réponse à nos questions sur le contenu de la carte, le garçon, sans même un sourire de bienvenue, a commencé à nous expliquer que nous n’aimerions pas ceci, pas cela, etc, sous le prétexte qu’il sert beaucoup d’étrangers et qu’en général ces étrangers n’aiment pas ce type de viande : de quoi décourager même les plus curieux…

 

Mais nous sommes coriaces, et ce n’est pas un garçon antipathique qui va nous faire rebrousser chemin quand nous avons faim ! Passereau, grand amateur (contrairement aux préjugés de notre serveur) de tripes, abats et autres intérieurs dont la seule vue (quand ce n’est pas l’odeur) suffit à me soulever l’estomac, s’est donc prononcé pour un mix de « chinchulín », de « mollejas » et de « matambritos » (dans l’histoire, nous n’avons même pas réussi à savoir ce que c’était) ;


 

Buenos-Aires---La-Parrilla-1880---Mix.jpg


quant à moi, moins aventureuse, je me suis contentée de LA spécialité, l’ « asado », un morceau de côte de bœuf qui m’est arrivé bien ¾h après avoir passé la commande : c’est une cuisson lente… qui rend la viande savoureuse et moelleuse.


 

Buenos-Aires---La-Parrilla-1880---Asado.jpg

 

Mais je dois reconnaître que j’ai été un peu déçue, la grillade dégustée l’an dernier m’ayant laissé le souvenir d’une texture fondante et de papilles émoustillées. Passereau, il va sans dire, s’est fait un plaisir de constater que, définitivement, la viande brésilienne est la meilleure au monde. Et, après un malentendu (à notre préjudice) sur le montant total de la note, nous sommes repartis décidés à ne jamais remettre les pieds dans cette parrilla et à chercher de nous-mêmes des endroits, sinon plus authentiques, du moins plus accueillants.

 



[1] L’ « asado » est une technique de cuisson ancestrale consistant à exposer la viande au feu, largement répandue dans les pays d’Amérique du Sud, et en particulier en Argentine.

[2] La « parrilla » désigne tant la grande grille sur laquelle cuit lentement la viande, que le restaurant spécialisé en grillades.

[3] La Parrilla 1880, Defensa 1665, Ciudad de Buenos Aires,Tel : +54 (11) 43072746, http://www.parrilla1880.com.ar/

 


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