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Cachi

22 Juillet 2011 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

19 & 20 juin 2010

 

Cachi est un tout petit bourg situé au milieu de majestueuses montagnes, qui accueille le voyageur par ces mots pleins de poésie :

 

Cachi

 

« Amigo Turista :

            Este pequeño rincón del Valle Calchaquí le da la bienvenida, deseándole una feliz estadía.

            Si el destino guió sus pasos hacia este pueblo, aprovechamos para invitarlo cordialmente a descubrir la poesía escondida en sus viejas casonas y calles, donde el tiempo está dormido.

            Por favor, procure no despertarlo…»

 

« Ami Touriste :

 

            Ce petit recoin du Valle Calchaquí te donne la bienvenue, et te souhaite un agréable séjour.

            Si le destin a guidé tes pas vers ce village, nous t’invitons cordialement à découvrir la poésie cachée dans ses vieilles maisons et ses rues, où le temps s’est endormi.
            S’il-te-plaît, veille à ne pas le réveiller…»

 

À Cachi, la vie s’organise autour de la très jolie place centrale, d’où partent les rues pavées bordées de maisons en pisé, d’arbres et de fleurs.

 

Cachi - Plaza 1


L’Iglesia San José offre un exemple intéressant de confessionnal et de toit en bois de cardón (utilisé pendant longtemps et aujourd’hui encore pour fabriquer des meubles et des ustensiles).

 

Cachi - Iglesia 1

 

Cachi - Iglesia 2

 

Cachi - Iglesia, Confesional

 

Ce jour-là, des Discípulos de Jesus (un ordre catholique créé il y a une cinquantaine d’années et très présent en Amérique Latine), vêtus de leur robe de bure, vendent des pâtisseries pour récolter un peu d’argent. Ils sont jeunes, très jeunes – preuve que le catholicisme est ici beaucoup plus dynamique qu’en Europe, sans doute parce qu’il représente une porte de sortie, un message d’espoir, un credo auquel s’accrocher, une communauté à laquelle se joindre, un bras tendu, pour les populations les plus défavorisées.

 

Cachi - Iglesia 4

 

Le Museo Arqueológico, installé dans un bel édifice aux élégants patios, renferme de belles collections d’urnes funéraires, de céramiques et de bijoux qui racontent l’histoire des Calchaquí, ainsi qu’un magnifique « menhir ».

 

Cachi - Museo Arqueológico 2

 

 

Cachi - Museo Arqueológico 3

 

Cachi peut se vanter de splendides panoramas que l’on admire depuis les quatre « miradores » (belvédères) installés aux quatre points cardinaux :

-              le Mirador Este offre une vue époustouflante sur les montagnes, le Río Calchaquí scintillant au soleil tel un serpent d’or, la plaine verdoyante et Cachi, qui semble nichée comme un joyau au milieu de cet écrin de pierres brunes…

 

Cachi - Mirador Este 1


-              le Mirador Norte donne sur l’autre côté de la vallée, et le paysage est tout aussi impressionnant ; pour y accéder, il faut monter au cimetière ; le chemin est une véritable Via Crucis, scandée par les quatorze stations rituelles décorées de plaques de céramique ; le cimetière est une explosion de couleurs, comme si la vie jaillissait de la mort tel un fleuve impatient, et il en émane une émotion troublante… ce jour-là, des familles endeuillées peuplent l’entrée : un enterrement a lieu, et, par discrétion, je retourne sur mes pas, tandis que les cris de douleur et les sanglots résonnent à mon oreille. Vie et mort, mort et vie, tout ce qu’il en reste c’est ce bouquet tombé en route, ces fleurs rouges comme le sang oubliées quelque part, que la vent emportera au loin ou qui pourriront sur place…

 

 

Cachi - Mirador Norte

 

Cachi - Via crucis

 

Cachi - Cementerio 1

 

Cachi - Cementerio 3

 

 

Le tour du bourg est vite fait, l’auberge de jeunesse on ne peut plus rudimentaire, alors je reste sur la place ; assise sur un banc, je lis, je somnole, en attendant que le temps passe… De temps en temps, pour me dégourdir les jambes, je remets mon sac à dos sur mes épaules et je fais le tour de la place. J’écoute le bruit du vent dans les feuilles, je regarde les nuages, les oiseaux sautillant dans les plates-bandes… mais je me lasse. Il n’y a rien à faire, ni personne : je m’emm…, avec une sensation d’angoisse croissante. Peu à peu, les magasins ferment, l’un après l’autre, et la place reste complètement déserte, uniquement traversée par des rafales de vent qui me font tourner la tête et les nerfs : on dit que c’est la « puna ».


Prise d’un malaise, je suis secourue par Alva, une femme d’une cinquantaine d’années qui a décidé de consacrer sa vie à soigner au moyen de recettes et de techniques ancestrales, et d’herbes médicinales : elle m’invite à entrer chez elle, où elle me prépare une infusion de « yuyo » (herbes andines relaxantes, qui poussent dans les hauteurs) et me fait respirer la fumée d’un os de « tacúra » (animal sauvage de la montagne) brûlé… et je m’apaise ! Je ne sais si c’est l’effet du rite, ou plutôt de sa présence réconfortante… le fait est que l’angoisse disparaît peu à peu. Chamanisme ?

 

Cachi - Alva

 

Le lendemain, je me lève tôt pour faire une longue promenade dans les environs de Cachi (je voulais passer par le Parque Arqueológico et le Parque Culturel, mais ils sont absolument sans intérêt). Deux chiens, totalement inconnus, décident de m’accompagner, et il faut les voir gambader, faire connaissance avec les autres molosses sur le chemin, (presque chaque maison possède au moins un, voire plusieurs chiens qui ne manquent pas d’aboyer sur notre passage), courir après les poules et se jeter dans les ruisseaux qui bordent le chemin…

 

Cachi - Los alrededores 7

 

 

Cachi - Los alrededores 5

 

Cachi - Los alrededores 6


 

Les montagnes se détachent sur un fond de ciel bleu pâle, les nuages flottent encerclés par un bord irisé (un phénomène météorologique mystérieux, quelqu’un aurait-il une explication ?), le village est plongé dans le silence, la quiétude ensommeillée d’un dimanche matin, à peine troublée par les bruits de la nature, ou, parfois, un vélo ou une voiture qui laisse un nuage de poussière traîner derrière lui.

 

Cachi - Los alrededores 1

 

Le « saludo » (le fait de se saluer) est très important dans les petits pueblos, très respecté par les anciens mais plus du tout par les jeunes qui ne répondent même pas à mon salut de la tête et à mon « buenas » prononcé à la façon du coin – intimidés par la « gringa » ou tout simplement oublieux des bonnes manières ?

 

De retour au village, je perds mes compagnons canins, certainement davantage intéressés par quelque poule affriolante ; sur la place, je rencontre Lalo et Ana, un couple de retraités sympathiques qui m’offrent de m’emmener avec eux à Salta. Voilà qui m’arrange fort, et après ces deux jours solitaires, je n’ai rien contre l’idée de faire un brin de causette en agréable compagnie ! Le voyage jusqu’à Salta se passe tranquillement, à travers l’étendue à perte de vue du Parque de los Cardones

 

Parque de los Cadones

 

et les sinuosités du Valle Encantado,

 

Valle Encantado

 

et j’arrive enfin à Salta, « la linda » (la belle).

 


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