Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vol de luxe

10 Juillet 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

Etrange sensation que de revoir l'aéroport de São Paulo-Guarulhos presque un an après : un retour en arrière, à l'époque où la moindre plante me semblait exotique, et où, un brin maladroite, peu confiante encore dans mon portugais, je tentais de prendre mes marques dans un univers tout nouveau tout beau.


Check-in simple comme bonjour, formalités de frontière ok, contrôles de sécurité RAS - le personnel porte un masque, mais c'est l'unique précaution que j'ai pu noter contre l'épidémie de grippe, ce qui me fait douter de sa réelle efficacité...


Me voici donc parée à embarquer pour Paris, sur un Airbus Air France : je prie tous les saints de mon panthéon agnostique pour arriver saine et sauve à Roissy... mais je me dis qu'après l'accident dramatique qui a bouleversé la France et le Brésil il y a à peine un mois, tout est fait pour éviter qu'il ne se répète, et sans doute suis-je en fait davantage en sécurité.


Sécurité donc, je ne sais pas, mais confort, assurément ! Car à peine installée à ma place en classe économique, un steward vient vérifier mon emplacement sur ma carte d'embarquement et m'indique alors que je vais faire l'objet d'un surclassement : la classe éco étant surbookée, ils ont choisi un passager (en l'occurrence... moi ! par quel miraculeux hasard ?) pour le transférer en classe « affaires ».


J'ai du mal à y croire, mais je me retrouve donc à l'avant de l'avion, dans l'espace le plus luxueux et le plus VIP... avec l'inconfortable sensation d'être une intruse : imaginez la routarde en jeans et baskets avec son sac à dos de 12 kg au milieu des mesdames en tailleurs Chanel et sac Louis Vuitton, et des businessmen en costar-cravate : un éléphant dans un magasin de porcelaine !


Un soupçon de culpabilité me traverse aussi l'esprit, voyant ces gens très importants s'affairer sur leurs ordinateurs portables pour préparer des conférences et des réunions qui vont certainement changer la face du monde, alors que moi je cherche à m'occuper en zappant avec les fonctions de l'écran télé...


Mais je décide de faire fi de ces distinctions de classe, et de profiter pleinement de cette incursion dans le pays doré du luxe : avec la carrière d'enseignante-chercheuse à laquelle je me destine, je ne suis pas près de pouvoir me payer un billet en classe affaires !


La première chose que l'on apprécie en classe affaires, c'est l'espace : pas besoin de recroqueviller ses jambes, il y a bien 1,5 mètre entre deux sièges ; et un mécanisme savamment élaboré qui permet de transformer un fauteuil en véritable lit pour un repos réparateur :


 



je n'ai donc pas eu besoin de mes habituelles acrobaties pour trouver une position confortable, juste de jouer avec les boutons et hop ! mon lit était dressé et le marchand de sable pouvait passer...


Auparavant, j'ai eu droit à un dîner de roi : vous étiez resté, comme moi, à l'idée des barquettes en plastique avec sandwich lyophilisé enrobé de cellophane, pain quotidien des grands voyageurs ? J'avais déjà remarqué des progrès dans l'élaboration, l'équilibre nutritionnel et la qualité gustative des menus sur Air France, mais en classe affaires, après un apéritif au champagne, on vous invite carrément au restaurant : nappe de tissu blanche, élégants couverts, plats de porcelaine, serviette chaude pour vous laver les mains, et un menu digne d'un 2 étoiles !


Sur mon vol São Paulo-Paris, les saveurs, finement assorties, jonglaient entre la France et le Brésil, proposant des plats plus classiques, issus du terroir hexagonal, comme, en entrée, le « bloc de foie gras de canard, compote de framboise au vinaigre balsamique et figue confite », ou en plat chaud le « tournedos grillé au romarin, croquette de patate douce, aubergine, carotte et épinards ».


Mais l'on pouvait opter pour une variante plus exotique, rappelant avec légèreté la cuisine colorée et épicée des tropiques, avec les « crevettes grillées, guacamole et condiment à la mangue », croquantes et goûteuses, en entrée ;




le « saumon au poivre sur coulis de poivron doux, courgettes et pommes de terre vapeur » , fondant en bouche et justement épicé, en plat chaud ;




et, en dessert, le « bavarois au cupuaçu » : le goût du cupuaçu, un fruit d'Amazonie, y était peu prononcé, mais l'ensemble était frais et mousseux, parfait pour terminer en douceur ce menu gastronomique.


 



Une savoureuse transition entre les deux rives de l'océan, que l'on pouvait compléter avec un « Chalonnais Rully 2006 Antonin Rodet », un chardonnay frais et fringant  ; mais la Carte des Vins se prêtait à d'autres combinaisons, avec un « Côte du Rhône Nature 2005 Perrin et Fils » et un « Médoc Château Rollan de By 2005 Jean Guyon» recommandés par Olivier Poussier, meilleur sommelier du monde 2000.


Pour caler les petits creux ou larges soifs en cours de vol, un buffet était à disposition avec toutes sortes de petits fours, sandwichs, glaces, fruits, et boissons alcoolisées ou non.


Et au petit matin, rien de tel pour se réveiller de bonne humeur que le sourire charmant d'une hôtesse aux petits soins et un plateau de petit-déjeuner gargantuesque :




« flan aux œufs et aux deux fromages, épinards et jambon de dinde grillé » ou « crêpes à la banane et crème anglaise », accompagnés d'un salade de fruits frais, de pain croustillant , viennoiseries moelleuses, beurre, confiture, yaourt, jus de fruit, thé, café ou chocolat... de quoi caler son estomac jusqu'à l'arrivée ! Bien utile quand la correspondance se transforme en course à travers les couloirs de Roissy, sans une seconde pour se ravitailler...


Mais le plus appréciable, c'est la qualité de l'accueil : sans être une marathonienne des compagnies aériennes, j'ai eu tout loisir de comparer les prestations ; et je peux dire que les hôtesses d'Air France ont ce petit plus de politesse et de raffinement qui les distinguent des autres et en font d'excellentes représentantes du « chic » français[1]...


Bref, le temps d'un vol São Paulo-Paris, j'ai voyagé à de hautes altitudes, celles d'un monde qui pour moi et pour tant d'autres est inaccessible, et qui pour une minorité est d'une désolante banalité : le luxe d'une classe « affaires ».





[1] Je tiens à signaler à ceux qui douteraient de ma sincérité que je n'ai reçu d'Air France aucun pot-de-vin pour écrire ce billet : juste un service d'excellente qualité.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Fusaro Simon 16/07/2009 15:43

ça va la vie elle peut être cool la vie!siège-lit, petit pain, chardonay...!chanseuse va

Passerelle 22/07/2009 23:45


"La vita è bella", c'est mon credo !