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Recife, vestige d'un Nordeste oublié

9 Juin 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

Vous allez dire que je le fais exprès… mais quand je dis que je n’ai pas de bol, c’est la vérité ! Figurez-vous que mon appareil photo, ce petit malin, a la manie de tomber en panne de batterie quand le logogramme indique qu’elle est encore pleine ; voici pourquoi, à mon grand regret, je ne dispose pas de photos perso de Recife, et j'espère que le pouvoir des mots compensera cette fois celui des images et offrira à votre imagination tout un diaporama en colorvision !

Comme mon séjour y a été écourté par un imprévu physiologique, je n’ai visité la capitale du Pernambuco qu’en coup de vent, avant mon départ pour ma prochaine étape, Salvador de Bahia. Je peux cependant vous affirmer que Recife ne manque pas de charme, et que le « Recife Antigo », la vieille ville, mérite une petite promenade au gré de ses ruelles, de ses  passerelles et de ses chapelles, à la découverte d’un bijou baroque insoupçonné dans une église cachée ou dans un patio dérobé…

 

Car, outre son statut de dynamique centre urbain et de grand port commercial, avec ses gratte-ciel rutilants et ses banlieues tentaculaires, Recife porte en elle un riche passé, qu’elle partage avec Olinda sa voisine.

 

En effet, lorsque la culture de la canne à sucre fut introduite au Brésil, le Pernambuco devint rapidement l’une des principales régions productrices, et les planteurs, accumulant des fortunes considérables, se construisirent de splendides demeures sur les hauteurs qui deviendront plus tard la ville d’Olinda.

 

Initialement fondée au XVIIème comme plateforme commerciale pour exporter le sucre d’Olinda et importer les esclaves africains destinés aux plantations, Recife surpassa peu à peu sa voisine et finit par l’éclipser totalement, devenant à son tour une puissance industrielle qui tirait profit des « engenhos » (domaines qui réunissaient les plantations de canne à sucre et les raffineries).

 

Naquit ainsi une aristocratie coloniale, basée sur le travail des esclaves, qui ne cessa de s’enrichir et d’entretenir une mentalité d’exploitation du labeur d’autrui que l’on peut, malheureusement, encore constater facilement aujourd’hui chez les habitants de ces régions…

 

Mais en 1710, cette élite dominante se divise entre les « filhos da terra » (« fils de la terre », les planteurs d’Olinda) et les « mascates » (marchands portugais de Recife, immigrés plus récemment) qui s’opposent dans une lutte sanglante, la « Guerra dos Mascates ». Ces derniers, jouissant de la suprématie économique et de l’aide de la Couronne portugaise, l’emportent finalement, provoquant ainsi le déclin d’Olinda que seuls les récents flux de tourisme international purent inverser.

 

Mais, presque entièrement fondée sur l’économie sucrière, Recife aussi dut à son tour succomber à l’effondrement du cours de la canne à sucre au XIXème et au déplacement des centres industriels ; le Pernambuco repose donc aujourd’hui principalement sur l’activité touristique, générée tant par ses cités historiques que par ses plages idylliques : Fernando de Noronha (baptisé de « Hawaï brésilien »), bien sûr, un archipel classé Parc National marin, à quelques 525 km de Recife, avec ses eaux cristallines et ses tortues de mer géantes ; mais aussi Itamaracá, au nord, et Tamandaré, au sud ; ou encore, Porto de Galinhas et ses piscines naturelles d’eau chaude et transparente, rendez-vous des vacanciers à la haute-saison ; et, juste à côté, plus discrète, Maracaipe : pour ceux qui préfèrent l’intimité d'une plage familiale où taper du ballon en toute tranquillité, sans craindre de déranger le bronzeur du mètre carré voisin…


 

 

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