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Dans la « muvuca » à Olinda

5 Juin 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

Comme je ne fais jamais rien à moitié, quand j’ai la poisse, c’est pour de vrai !

 

J’ai donc déjà raconté (dans le billet « Travelling in the rain ») comment la pluie m’avait poursuivie, d’étape en étape, sans me laisser apprécier les caresses réconfortantes du soleil plus d’une demi-journée.

 

São Luís s’en était trouvée bien triste et sans grand intérêt, sauf lorsque, ironie du sort, au moment de plier bagage et de prendre le chemin de la gare routière, le soleil, capricieux, montra enfin le bout de son nez, illuminant les azulejos encore mouillés, qui n’en brillaient que davantage, et redorant la capitale du Maranhão de sa vraie beauté.



 

A Fortaleza, je débarque par quelques 35°C, d’autant plus appréciables après dix-huit heures de route dans un bus forcément (et excessivement) climatisé… mais le soleil a tôt fait de s’éclipser, pour, dès le lendemain matin, céder la place à une averse carabinée : j’en suis quitte pour bouquiner en attendant le bus qui me mènera à Recife.

 

Mais comme un tracas ne vient jamais seul, il ne manquait plus que je tombe malade ou que je me fasse voler mes bagages à ce moment-là ; c’est, heureusement, à la première option que j’écope, et je m’en vais, sac au dos et le cœur retourné, faire le pire des trajets que j’aie jusqu’à présent effectués (et je vous passe les détails gastro-rhino-pharyngo-logiques).

 

Recife, elle aussi, avait revêtu sa robe grise et pluvieuse pour m’accueillir ; j’arrive épuisée chez l’ami qui devait m’héberger, et d’un simple petit somme réparateur tombe dans un profond sommeil. Il fait déjà nuit quand je me réveille, incapable de tenir sur mes pieds.

 

Surmenage ? Syndrome du voyage ? Le fait est qu’alors que j’attendais tant de Recife, où je m’apprêtais à festoyer allègrement pendant trois jours ininterrompus, j’ai passé le Carnaval au fond de mon lit, et n’ai admiré de costumes que ceux du défilé de Rio, en direct à la télé…

 

Quand j’essaye, hardiment, de braver la nausée pour visiter le centre de Recife, je me heurte à des portes fermées, et ne trouve que des rues désertes et mortes : car pendant le Carnaval, Recife vit la nuit ! Le jour, on cuve et récupère… pour mieux recommencer le soir même ! Ce n’est pas pour rien que l’attraction principale du Carnaval de Recife est le « Galo da Madrugada » : un grand coq bariolé qui chante au petit matin (« madrugada » en portugais)…



 

Heureusement, quand j’ai pu me remettre sur pied, il était encore temps d’aller prendre la température des festivités à Olinda : petite bourgade historique proche de Recife, le Carnaval s’y déroule sans discontinuer, pendant une semaine, nuit et jour, dans une ambiance bon enfant.



 

Au milieu de la « muvuca »[1], j’ai pu en effet constater à quel point les Brésiliens ont le sens de la fête !!!

 

Tous les costumes sont de sortie, place à la fantaisie ! La boisson coule à flots, les « bonecos » (grandes poupées de papier mâché) paradent en rythme,



la « bateria » sonne la fanfare à grands coups de tambour
[2], et l’on y fait l’amour plus qu’à son tour…

 

La preuve par trois :

-          distribution gratuite de préservatifs pendant le Carnaval

-          affluence dans les centres de dépistage HIV après le Carnaval

-          pic de naissances en novembre de chaque année, soit… 9 mois après le Carnaval !

     

Seul bémol que l’on pourrait déplorer : la détérioration sans retour d’un patrimoine historique précieux, due aux montagnes de déchets que génèrent chaque jour des foules débridées, et les jets d’urines que provoquent des milliers de litres de bière, rejetés sans respect aucun des monuments pluriséculaires…

 

Dans cette atmosphère de folie, impossible donc d’apprécier à sa juste valeur le bel ensemble architectural baroque qui fait la renommée d’Olinda ; mais cela donne une idée des petites rues sinueuses et pentues qui mènent en haut de la colline, où trônent ravissantes églises, demeures colorées, et placettes bohèmes, avec vue sur Recife d’un côté, et sur la mer et les palmiers de l’autre…






[1] « Muvuca », en portugais, désigne une foule serrée, agitée, animée.


[2] Car à Olinda, nous sommes dans l’un des berceaux du Carnaval : on y festoie dans la plus pure tradition ! Soit, pas de chansons, simplement les percussions, qui battent à tout-va…



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