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La "sertaneja", voix du "sertão"

30 Mai 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Intermède musical

Lavilliers n’est pas le seul que les terres arides du sertão aient inspiré… depuis sa colonisation, cette région a vu se perpétuer la tradition de la « música de raiz »(littéralement « musique de racine »), celle qui plonge aux racines profondes de la culture « caipira »[1].



 

Après une dure journée de labeur, garçons vachers, journaliers et travailleurs agricoles se retrouvent dans les « rodas de viola », groupes de musique improvisée où chacun y va de son petit air, qui à la guitare, qui à l’accordéon, qui à la « gaita » (instrument à vent cousin de la clarinette), sur des mélodies simples et romantiques inspirées par ces grandes plaines désertes et sèche à des hommes aux reins solides mais au cœur sensible.

 

C’est Cornélio Pires qui, en 1928, fait entrer cette musique dans la discographie brésilienne, enregistrant de nombreux disques et popularisant la musique caipira à travers le Brésil. Dans les années 1980, l’industrie du disque soumet le style sertanejo à une relecture des grands classiques, réalisée par de nombreux artistes nouveaux surgis de l’ombre, le plus souvent en duo : c’est alors, jusqu’aux années 1990, la mode de la « dupla sertaneja », avec le succès de Chitãozinho & Xororó, et Leandro & Leonardo.


Devenue culture de masse, la sertaneja emprunte aussi à la musique country nord-américaine, importée au Brésil via les feuilletons télévisés ; elle a connu un “revival” au début des années 2000 avec la médiatisation à la sauce "TV show" et "marshmallow" de quelques “duplas” célèbres, comme Edson & Hudson, Cesar Menotti & Fabiano, ou encore Victor & Leo,



et remporte encore aujourd’hui un franc succès auprès des jeunes et moins jeunes générations.


Mais elle reste l’une des expressions les plus authentiques de la culture brésilienne, une voix venue du fin fond du sertão, qui chante mélancoliquement la dure vie des champs, la nostalgie du pays, le sourire d’une douce, l’histoire d’un coeur brisé, tressée sur les cordes d’une guitare solitaire...





[1] En portugais, le terme « caipira » (« paysan », « campagnard ») peut souvent revêtir une nuance péjorative, désignant le rustre, le plouc, le péquenaud mal dégrossi.

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Filipe 08/05/2010 20:32


Pour moi, il n'y a pas mieux que la musique sertaneja.
Si jamais ca t'interesse passe faire un tour sur (http://filthekiller.over-blog.fr/).
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