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Made in Amazonia

20 Mai 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Papilles & Pupilles

L’Amazonie est une véritable terre de cocagne : sous le climat équatorial, tout pousse, et les fruits y sont en abondance ; les populations indigènes ont su se les approprier et les utiliser avec un savoir-faire millénaire, dont nous avons beaucoup à apprendre. Quelques exemples de curiosités : 
 

- le cupuaçu :

 

L’arbre appartient à la famille du cacaoyer (Theobroma cacao) et lui est très proche. Les fruits sont de forme oblongue, mesurant 12 à 25 cm de longueur, 10 à 12 cm de diamètre, et pèsent 1 à 2 kg. Chaque fruit contient environ 50 graines entourées d'une pulpe. La cabosse du cupuaçu est composée de pulpe (46%), écorce (38%) et de graines (16%).



La pulpe du fruit est très riche en arômes. Elle a un goût acide avec un arrière goût de cacao et une saveur chimique faisant penser à une saveur médicamenteuse. La pulpe donne un aspect onctueux, et mélangée avec du lait, c’est un délice ! Elle est également utilisée pour la fabrication de jus, glace, liqueur, vins, confitures, et vendue congelée.



 

- l’andiroba :

 

L’andiroba, de son nom scientifique Carapa guianensis, est un arbre qui pousse sur des sols marécageux de bord de mer et sur les îles, bien qu'il s'adapte très bien en sol de terre ferme.

Le fruit est une capsule ronde formée de quatre valves de 3 à 4 mm d'épaisseur, dures, de couleur grise. Quand le fruit est mur, il s'ouvre et laisse tomber au sol les noix qu'il recouvrait. Celles-ci sont au nombre de 7 à 9, assez grosses, marrons, recouvrant une masse blanche légèrement rosée, compacte et oléagineuse.




Ce sont des graines qu’est extraite l’huile d’andiroba, appelée ainsi par les populations indiennes à cause de sa saveur amère (nhandi = huile ; rob = amère). Elle est connue en Amazonie pour ses vertus anti-inflammatoire, antiseptique, lipolytique et cicatrisante. Elle chauffe la peau et les muscles en délassant les contractures nerveuses et musculaires ainsi que les douleurs articulaires, vertébrales et hématomes. Au Brésil, on l'utilise communément dans les grandes villes comme huile de massage et pour calmer les irritations cutanées, soigner les petites plaies ou les contusions. C'est une huile cosmétologique donnant brillance et souplesse à la chevelure tout en éloignant les poux car elle contient des substances répulsives pour les insectes. Les femmes indiennes, depuis toujours, l'appliquent le soir sur les graisses localisées (capitons).

 
- le bacuri :

 

Fruit du bacurizeiro (Platonia insignis), un grand arbre de la famille des Clusiaceae, natif des régions de la Guyane, du Brésil (Amazonie et Piauí), du Paraguay et d’une partie de la Colombie. Egalement connu sous les noms de landirana, bacury, bakuri, pacuri, pakuri, pakouri, packoeri, pakoeri, maniballi, naranjillo.




Riche en phosphore, fer et vitamine C, il est utilisé dans la confection de jus de fruits, de desserts et de cosmétiques, et ses graines produisent une huile qui sert de remède ancestral contre les maladies de peau. La brasserie Amazon Beer de Belém l’a également intégré dans la recette de l’une de ses bières.

 

- le muruci :

 

Fruit aux petites graines jaunes, au goût acide, utilisé dans la confection de jus de fruits et de desserts.

 

 

 

- l’açaí :

 

Fruit de l’açaizeiro, un arbre originaire de la région orientale de l'Amazonie brésilienne, plus précisément de l'estuaire du fleuve Amazone, ainsi qu’en Guyane, au Guyana, Suriname, Venezuela, Panama, Equateur, et Trinidad. Ce palmier, espèce typiquement tropicale, se développe mieux sous un climat chaud (température obligatoirement supérieure à 21°C) et humide. Le fruit est sphérique, au diamètre compris entre 1 et 2 cm, pesant approximativement 1,5 g, présentant une couleur violette très foncée, presque noire, ou verte, selon les types.




Le fruit est connu pour ses vertus énergétiques, avec une valeur nutritionnelle de 262 kcal/100g. On en fait une boisson antioxydante, riche en lipides, protéines, potassium, calcium, phosphore, sodium et magnésium : la boisson est préparée à base de fruits ramollis dans l'eau, puis dépulpés et additionnés d'eau pendant le processus, et souvent de poudre de guaraná et/ou de pulpe de banane. La viscosité de la boisson est due à sa teneur en amidon (9,30%) et pectines (0,67%) dans la partie comestible du fruit. Le jus d'açaí a une saveur fruitée et chocolatée, il est épais et farineux.

Dans les régions amazoniennes, en particulier les Etats du Pará et de l'Amapá, l'açaí occupe une part importante dans l'alimentation en tant qu'aliment principal, pur ou mélangé à de la farine de manioc (farofa, le gari brésilien...). L'açaí rentre également dans la formulation de glaces, gelées, yaourts, liqueurs, gâteaux et bonbons au chocolat.


Mais la crème de la crème, c’est l’ « açaí na tigela » :



de  l’açaí broyé, mélangé avec du sirop de guaraná, parfois battu avec de l’avocat, servi avec des rondelles de banane et du müesli : un cocktail énergétique qui vaut un repas en soi ! Rien de tel pour recharger les batteries en milieu d’après-midi…

 

- le guaraná :

 

Découvert par le botaniste allemand F.C. Paullini (d’où son nom scientifique de Paullinia cupana), le guaraná est un arbuste de la famille des Sapindacées cultivé au Brésil (Amazonie et Bahia) et au Vénézuéla. Son fruit, de couleur rouge, à la chair blanche, a un goût âpre, proche de la terre, et contient une substance à forte concentration de caféine (4,5g pour 100g), que les Brésiliens appellent guaraína. On la consomme sous forme de tisane, mais le plus souvent, les graines séchées et réduites en poudre sont simplement diluées dans de l’eau, du jus de fruit ou du lait. Reconnue pour ses propriétés stimulantes, elle améliore la concentration, la mémoire et le calcul mental. Elle serait aussi, selon certains, dotée de vertus aphrodisiaques...



C’est en tous cas un psychotrope stimulant, utilisé en médecine traditionnelle par diverses tribus d’Amérique du Sud (Andira, Sataré-mawé) de la branche des Tupi-guarani, depuis l’époque précolombienne, pour guérir de nombreux maux : tonique, antidiarrhéique, antinévralgique, le guaraná est alors râpé dans une calebasse avec une langue séchée de piraruçu (poisson géant du fleuve Amazone), on y ajoute de l’eau et du miel pour faire la çapo, boisson traditionnelle des Indiens d’Amazonie, et on le mélange parfois avec la feuille de coca pour en faire un stimulant encore plus puissant.


Un soda, synthétisé à partir d’extraits de la plante, est commercialisé au Brésil par la marque Antarctica sous le nom de “Guaraná Antarctica” et son goût fruité est tant apprécié des Brésiliens qu’il tend presque à supplanter le Coca-Cola...



 

 

- le tucumã :

 

Le tucumã (de son nom scientifique Astrocaryum aculeatum) est un palmier natif de la Colombie et du Brésil, où il pousse principalement dans le bassin amazonien ; cultivé pour son coeur et ses fruits jaunes orangés,



comestibles, pour son bois, utilisé pour faire des bijoux, pour ses graines, qui donnent une huile utilisée en cuisine, et pour ses feuilles, dont l’on extrait la fibre de tucum, pour fabriquer des hamacs et des cordes qui résistent à l’eau salée, il est également appelé : acaiúra, acuiuru, coqueiro-tucumã, tucumã-açu, tucumã-arara, tucuma-açu, tucumaí-da-terra-firme, tucumãí-açu, tucumã-piririca, tucumã-pururpuru et tucum-do-mato (rien que ça !).

 

- la castanha-do-Pará :

 

La “noix du Brésil”, “noix d’Amazonie” ou “castanha-do-Pará” (en portugais) est le fruit du Bertholletia excelsa, un arbre de la famille des Lecythidaceae, qui pousse dans les régions sud-tropicales d’Amérique, et cultivé intensivement au Brésil, au Pérou et en Bolivie. Découverte en 1570 par un colonel espagnol, Juan Alvarez Maldonado, qui avait entendu parlé de ses excellentes propriétés nutritives et avait décidé d’en faire la récolte pour nourrir ses troupes, la noix du Brésil commença à s’exporter vers l’Europe, puis, à partir de 1810, aux Etats-Unis, en même temps que deux autres produits-phare de l’Amazonie : le cacao et la noix de cajou ; aujourd’hui, c’est encore l’un des piliers de la production locale.



On la consomme telle quelle, en amuse-bouche ou en apéritif, grillée, comme la cacahuète, additionnée de sel, ou dans les desserts, caramélisée, ou ajoutée aux crèmes glacées. Très nutritive, la noix du Brésil possède des vertus émollientes, analgésiques, diurétiques et antispasmodiques, et est préconisée pour soigner les maux d’estomac. On la trouve aussi sous forme d’huile, riche en acides gras insaturés (70%), recommandée donc en cas de haut taux de cholestérol.

 

- la siringueira :

 

Plus connue sous son nom scientifique d’Hevea brasiliensis, la siringueira est un arbre de la forêt d’Amazonie qui peut atteindre plus de 30 m de haut et 1m de circonférence. L’hévéa produit le latex, une substance naturelle qui, comme la résine, suinte d’une éventuelle blessure de la plante et forme en séchant une barrière protectrice. On le récolte donc par saignées sur l’écorce du tronc de l’arbre, en pratiquant une légère entaille au moyen d’un couteau spécifique.La récolte est ensuite faite sous forme liquide si l’on procède juste après la saignée, ou solide si on laisse le latex coaguler dans une tasse : c’est ce qu’on appelle alors le caoutchouc, ou “gomme” (“borracha” en portugais). L’arbre peut produire du latex pendant trente ans environ[1]. On l’utilise principalement dans l’industrie pneumatique. Les Indiens l’appellent “l’arbre qui pleure” et l’utilisent pour revêtir leurs pirogues.





- ainsi que de multiples herbes et autres substances aux vertus curatives et cosmétiques, de la pâte de tortue pour soigner la peau aux des écailles de poisson pour soigner les ongles... les secrets de beauté des Indiens d’Amazonie sont cachés au coeur de la forêt !

 

 


 

[1] Juste pour l’anecdote : la production de latex était si abondante à Manaus au XIXème siècle que les rues environnantes du Teatro Amazonas étaient recouvertes de caoutchouc pour que le bruit des voitures des retardataires ne dérange pas les spectateurs !

 

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