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Rio de Janeiro, la « Cidade Maravilhosa » (?)

29 Mars 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Il était une fois...

On va me trouver difficile, voire snob : mais je dois avouer que j’ai été un peu déçue par Rio… On m’en avait tant vanté la beauté, que je m’attendais à un véritable choc visuel. Sera-ce la pluie, le manque de lumière, l’atmosphère un peu triste qu’elle génère ? Je me dois de retourner à Rio vérifier si la « Cidade Maravilhosa » ne déploie ses charmes que sous le soleil...


Longtemps capitale du Brésil, Rio abrite en son sein d’innombrables musées, et d’élégantes résidences, où le gratin de la haute-société vivait quand il n’était pas dans ses lointaines propriétés terriennes. Il en a résulté une belle architecture, de maisons style 1900 aux tons pastels, et ornée d’une abondante végétation, comme l’on peut en admirer dans le quartier du Botafogo, de Cosme Velho ou de Santa Tereza.


A côté, des immeubles résidentiels, des gratte-ciel, et des baraques de tôles forment un tableau composite, à l’image d’une population métissée, où les Noirs croisent les immigrés nordestinos, les businessmen frôlent les prostituées, les pasteurs évangéliques côtoient les travestis et les dealers font le signe de croix en passant devant une église.


Mais le charme de Rio réside surtout dans la configuration géographique de la baie de Guanabara, ses « enseadas » et criques intimes, ses larges bandes de sable, ses replis sinueux, ses « morros » vallonnés, ses forêts luxuriantes...


Théâtre naturel grandiose qui séduisit plus d'un colon : les Portugais d'abord, qui, débarqués le 1er janvier 1502, sous le commandement de l'explorateur Gaspar de Lemos, le baptisèrent « Rio de Janeiro, » croyant que la baie était en fait l'embouchure d'un fleuve (« rio ») ; puis, les Français, qui, menés par Nicolas Durand de Villegagnon, s'établirent dans la région en 1555, prenant possession de la baie de Guanabara, établissant une colonie sur l'île de Sergipe (actuelle « ilha de Villegagnon »), y construisant le Fort Coligny et consolidant des alliances avec les tribus Tamoios et Tupinambás. En 1560, aidés d'autres peuplades autochtones, les Portugais attaquèrent et détruisirent ce que l'on appelait alors la « France antarctique », mais ils ne reprirent pleine possession du territoire qu'en 1567.

 

 

 



Entre-temps, débarqués dans un isthme entre le « morro Cara de Cão »et le « Pão de Açúcar », ils avaient fondé le 1er mars 1565 la ville de São Sebastião do Rio de Janeiro. Cette dernière atteignit les 30 000 habitants dans la seconde moitié du XVIIème siècle, devenant ainsi la ville la plus peuplée du Brésil et, avec la découverte de gisements d'or dans la région voisine du Minas Gerais au XVIIIème siècle, un important centre portuaire et économique : le ministre portugais Marquês de Pombal décida alors de transférer le siège de la colonie de Salvador à Rio de Janeiro en 1763.


Avec l'arrivée de la Cour portugaise en 1808, la ville se tranforma : capitale de l'Empire Portugais, elle se dota d'une Académie Militaire, d'une Ecole Royale de Sciences, Arts et Métiers, d'une Académie Impériale des Beaux-Arts, d'une Bibliothèque Nationale (avec la plus grande collection d'Amérique Latine), d'un Jardin Botanique, et du premier journal imprimé au Brésil, la « Gazeta do Rio de Janeiro ».


Après l'Indépendance, Rio de Janeiro devint capitale de l'Empire du Brésil : centre économique, s'enrichissant avec la culture de la canne à sucre et du café dans la région de Campos et du Vale de Paraíba ; centre politique, concentrant l'activité des partis, et théâtre des mouvements abolitionnistes et républicains à la fin du XIXème siècle ; et centre culturel, attirant artistes, intellectuels et élites sud-américains et européens.


Entre 1872 et 1890, la population doubla, passant de 274 à 522 000 habitants, dont de nombreux contingents d'immigrés européens et d'ex-esclaves attirés par les opportunités qui s'ouvraient alors au salariat suite à l'abolition de l'esclavage ; mais engendrant également de sérieux problèmes sociaux : pauvreté, crise du logement et épidemies de fièvre jaune, de variole et de choléra, contre lesquels le gouvernement tenta de lutter par des mesures impopulaires. Ces réformes urbaines, impliquant la démolition de zones insalubres dans le centre, déporta les habitants vers les zones plus excentrées, où commença à se développer une forme d'habitat spontanée : la favela.


En même temps, l'ouverture du Theatro Municipal et de l'avenida Rio Branco, en plein style Belle Epoque, ainsi que l'inauguration en 1808 du funiculaire du Pão de Açúcar, contribuèrent à placer Rio à la pointe du progrès moderne.


En 1960, Rio perdit son statut de capitale au profit de Brasília, mais pas sa réputation : celle d'une ville unique, dotée de trésors naturels, de panoramas époustouflants, de monuments prestigieux, de plages idylliques, de quartiers pittoresques, de fêtes folles, mais aussi de bidonvilles, de mendicité, de prostitution, de trafics de drogue et de violence extrême... une « Cidade Maravilhosa »?



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