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Etape n°5 : Porto Alegre

8 Mars 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

Rentrer directement de Montevideo à São Paulo, où j’étais attendue pour fêter Noël dans la famille d’une amie, me semblait bien ambitieux : mon seuil de supportabilité des trajets en bus est limité, et à partir de vingt heures de route je commence à saturer ; j’ai donc profité de l’accueil des plus chaleureux d’une de mes élèves et de sa famille pour faire escale à Porto Alegre : une journée seulement pour découvrir le centre de la capitale « gaúcha », insuffisant bien entendu, mais assez pour se donner un aperçu.

 

L’inconvénient, c’est que j’y suis passée un lundi, quand tout est fermé : musées, centres culturels et principales attractions perdent donc en intérêt ; bon à savoir pour qui voudrait visiter Porto Alegre : tous les jours de la semaine, sauf le lundi !

 

Capitale de l’Etat du Rio Grande do Sul (le plus au Sud du Brésil), Porto Alegre a été fondée en 1732 par des éleveurs de bétails arrivés de l’Etat voisin du Santa Catarina ; missions jésuites, colons portugais venus des Açores, esclaves africains, aventuriers et immigrants allemands, italiens et polonais constituèrent ensuite les différentes strates de peuplement de ce creuset méridional, aujourd’hui à la pointe des innovations intellectuelles et artistiques : Porto Alegre, qui peut se vanter d’une scène nocturne agitée et d’une culture alternative, a en effet accueilli en 2001 le premier Forum Social Mondial, un événement dédié aux questions sociales qui touchent le monde moderne.

 

La réputation des « gaúchos » (habitants du Rio Grande do Sul, un Etat fortement marqué par l’immigration européenne) est donc à deux revers : les gaúchos eux-mêmes s’estiment le peuple le plus développé et le plus raffiné du Brésil ; le reste des Brésiliens les considèrent comme un peuple arrogant et sans-gêne…

 

En une journée seulement je n’ai pas eu l’occasion de le constater, mais il est vrai que l’on se sent à Porto Alegre comme dans un petit morceau d’Europe… à commencer par le Mercado Público, où l’on retrouve les produits et l’ambiance des halles italiennes, rendues plus effervescentes encore par l’approche de Noël.

 

L’effervescence règne aussi en-dehors du marché, dans la Rua dos Andradas, une rue piétonne bordée d’étals de babioles et d’édifices néoclassiques ; la Casa da Cultura Mario Quintana[1] y est un lieu-phare de la vie culturelle, avec cinéma, théâtre, bibliothèque et un élégant restaurant ;



un peu plus loin, l’église Nossa Senhora das Dores trône en haut d’un impressionnant escalier, auréolée par un soleil aveuglant.



 

Un autre centre culturel, le Centro Cultural do Usino Gasômetro, s’est établi dans une ancienne centrale électrique, aménagée pour accueillir désormais des expositions temporaires, un cinéma d’art et d’essai et un café ; 



il est situé à côté de la Lagoa dos Patos, une lagune d’eau douce où les habitants de Porto Alegre aiment venir prendre le frais, admirer le Rio Guaíba, se prendre en photo, et s’offrir une promenade en barque…



 

En remontant la colline, l’on accède, suant eau et sang par cette chaude journée d’été, à l’historique Praça da Matriz, où sont réunis les quatre pouvoirs : religion, avec la Catedral Metropolitana,



culture, avec le Teatro São Paolo, politique, avec le Palacio Piratini, siège du pouvoir exécutif du Rio Grande do Sul, le Palacio do Ministerio Público, et le siège de l’Assemblée Législative, et justice, avec le Palacio da Justiça.

 

Une place marquée par l’ascension politique d’un petit gaúcho devenu grand : Getúlio Vargas (1882-1954),



 chef de la « Révolution de 1930 », qui mit fin à la « República Velha », et fondateur de l’ « Estado Novo», une dictature à demi-mots. Le « Doutor Getúlio », appelé aussi « pai dos pobres » (« le père des pauvres ») a laissé une trace ambiguë dans l’histoire brésilienne : populiste, nationaliste, anti-communiste, il a aussi œuvré pour moderniser le Brésil, réduire les inégalités sociales et donner plus d’autonomie économique au Brésil ; un bilan historique controversé, qui fait encore question.



[1] Mario Quintana (1906-1994) est un poète, traducteur et journaliste gaúcho, auteur, entre autres, de A Rua dos Cataventos (1940), Apontamentos de Hiistória Sobrenatural (1976), Batalhão das Letras (1984)

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