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Etape n°4 : Montevideo

7 Mars 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

N’ayant pour toute information touristique qu’un plan de la ville, je choisis de délaisser églises et musées pour plonger au cœur de la vie locale en ce samedi ensoleillé.

 

Mes pas me guident ainsi vers la « Ciudad Vieja », la « Vieille Ville » : maisons basses et colorées, aux délicats balcons de fer forgé, échoppes aux étals gourmands, enfants jouant dans la rue, pépé faisant la sieste à l’ombre, artistes bohèmes exposant leurs toiles, brocante sur la Plaza Matriz… il règne dans les rues une atmosphère tranquille et légère, et, le nez en l’air et les yeux aux aguets, je cueille avec une curiosité affamée les détails pittoresques qui font la saveur de cette matinée.



 

Le point fort de Montevideo, c’est sa configuration géographique : au détour d’un carrefour, vous pourrez donc voir se profiler à votre gauche : le Rio de la Plata ; à votre droite : le Rio de la Plata ; et face à vous… le Rio de la Plata !



Encerclés par la mer, vos horizons larguent les amarres et prennent le large à tout instant…

 

Arrêt au « Mercado del Puerto » : comme son nom ne l’indique pas, on y sert davantage de viande que de poisson, dans d’innombrables « parrillas de carne al fierrito » qui dégagent un appétissant fumet ; pour l’instant, les serveurs installent les tables et les broches commencent à tourner, préparant l’arrivée des convives…



deux heures plus tard, sur le coup de 13h, c’est la cohue : fumée odorante des grillades, brouhaha des conversations, éclats de rire à foison, chaleur et sueur, souffle vain des ventilateurs… une ambiance de folie ! et LE rendez-vous des montévidéens le samedi midi, pour prendre l’apéro et manger un morceau…

 

J’y retrouve ainsi Yvan, un sympathique Français rencontré la veille, et sa bande d’amis du coin : avec une demie-fesse sur un tabouret, un verre de « Pilsen » (la bière uruguayenne) bien fraîche dans une main et un de ces délicieux « tapas » dans l’autre, rien de tel pour prendre la température de l’endroit : caliente, assurément !

 

Il fait donc bon en sortir pour respirer et retrouver la lumière aveuglante du soleil… avant de rejoindre une terrasse plus discrète à deux pas du Teatro Solís, un bel édifice néoclassique inauguré en 1856, où l’on sert une fraîche et goûteuse « ensalada de chipirones » (« salade de calamars ») face à la mer… Elle est pas belle la vie ?



 

Rien de tel ensuite qu’une promenade le long des interminables « ramblas », une sorte de « Promenade des Anglais » sudaméricaine :



pêcheurs, coureurs, cyclistes et plagistes s’y croisent dans une ambiance détendue, que l’on retrouve dans les allées ombragées du Parque Rodó : que diriez-vous d’une sieste dans le "Patio Andaluz", sur l’un des ces élégants bancs d’ « azulejos » ? peut-être pas très confortable, mais si chic, la céramique !



 

Sur le chemin du retour, j’entends des battements de tambour : ceux du « Carnaval de los Niños », une sorte de fête anticipée, dédiée aux enfants qui, déguisés, maquillés, font le tour de la Plaza de la Indipendencia autour de grands chars décorés et au son de rythmes enlevés… Que viva la fiesta !



 

Le soir, je suis invitée à dîner chez des amis d’Yvan, un accueillant couple franco-uruguayen habitant une vieille maison au cœur de la « Ciudad Vieja », à l’architecture typique : beaucoup d’escaliers, très raides, mais l’ascension en vaut la peine ! au sommet, une terrasse avec vue sur la « Bahia de Montevideo » et l’ensemble de la Vieille Ville, au soleil couchant… un verre de chardonnay, un savoureux poisson grillé, et la nuit qui tombe peu à peu, formant un plafond d’étoiles au-dessus de nos têtes : je crois rêver !

 

Mais tout est bien vrai, et le lendemain, dimanche matin, je m’en vais découvrir une autre partie de la ville, tout aussi authentique : la Féria de Tristan Narvaja, un vaste marché où produits maraîchers côtoient objets d’artisanat, vêtements à petits prix et brocante du grenier de mamie… et même des poules en cage !



cris des marchands, refrains d’un groupe de musiciens, discussions animées, tout y est ! j’y déguste une « fainá », une galette de farine de pois chiche dont la recette est héritée des immigrants italiens
[1],



j’y observe les passants, sirotant le maté dans leur bombilla, thermos sous le bras, j’y marchande l’achat d’une ceinture et j’en repars avec un livre sur Montevideo offert par un sympathique et bavard bouquiniste…

 

Voilà qui va me permettre dans le prochain billet de vous en dire plus sur cette ville au riche patrimoine historique, et ce pays si petit et si peu connu, qui pourtant mérite vraiment le détour !

 

 


[1] Pour ceux qui auraient déjà goûté la « socca » à Nice ou la « farinata » à Gênes, c’est tout simplement l’équivalent transplanté en Amérique du Sud par les immigrants européens ; sauf qu’ici l’on y ajoute… de la pizza ! une tranche de « fainá », une tranche de pizza, et cela donne ce que l’on appelle la « fainá a caballo » (""à cheval" !). La recette ? Mélanger 250g de farine de pois chiche, 50 cl d'eau et 2 cuillères à soupe d'huile d'olive, et faire cuire dans un moule huilé et préchauffé à four très chaud. C'est prêt ! Servir bien chaud, nature ou agrémenté de fromage, d'olives, de jambon, de tomates...

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