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De « Buen Ayre » à « Buenos Aires »

22 Janvier 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Il était une fois...

Capitale de l’Argentine, souvent appelée « capital federal » pour la différencier de la province de Buenos Aires, celle que ses habitants vénèrent comme « la Reina del Plata » a été fondée en 1536 par Pedro de Mendoza, et baptisée alors « Nuestra Señora Santa Maria del Buen Ayre », en hommage à la Vierge de Bonaria, protectrice des navigateurs.

 

Sous domination espagnole, la ville de Buenos Aires n’était alors qu’un simple port, le monopole des échanges commerciaux avec l’Espagne étant détenu par Lima, capitale du Pérou ; mais cette concurrence ne laissa pas de mécontenter les « porteños » (habitants de Buenos Aires) et de développer à Buenos Aires un véritable marché de contrebande, ainsi qu’un sentiment indépendantiste, auxquels Charles III d’Espagne tenta de mettre fin en créant en 1776 la vice-royauté du Rio de la Plata : un vaste territoire englobant l’Argentine, la Bolivie, l’Uruguay et le Paraguay actuels.

 

Ce n’est donc que le 25 mai 1810, à la suite d’une semaine de manifestations majoritairement pacifiques (la célèbre « Revolución de Mayo », « Révolution de Mai »), que les « criollos » (Espagnols nés en Amérique du Sud), portés par les idéaux de la Révolution Française, purent renverser le vice-roi espagnol et proclamer l’Indépendance ; Buenos Aires, d’abord gouvernement provincial, devint le siège du gouvernement national, au terme de conflits qui secouèrent le pays entier, libéré et unifié formellement seulement en 1816. Et en 1880, Buenos Aires prend le statut de capitale fédérale, les affrontements entre « centralistes » et « fédéralistes » (partisans d’une organisation « centralisée » ou « fédérale » de l’administration) ayant débouché sur une fédéralisation.

 

A la fin du XIXème et le début du XXème siècle, Buenos Aires connaît un impressionnant essor industriel et culturel : industries, gratte-ciels, cafés, théâtres, métro (fondé en 1913) en font une métropole d’avant-garde, où se pressent riches investisseurs Américains et pauvres travailleurs Européens : le port de Buenos Aires voit en effet débarquer par millions les immigrants et leurs valises en cartons, et Italiens, Espagnols, Juifs, Russes, Polonais, ont contribué à faire de la « ciudad porteña » un véritable creuset d’identités, un morceau d’Europe en Amérique Latine.

 

Théâtre de nombreux coups d’Etats de la junte militaire, ainsi que des affrontements entre mouvements révolutionnaires et groupes paramilitaires (la « guerre sale » des années 1970), berceau du péronisme (c’est sur la Plaza de Mayo que Juan Perón prend le pouvoir le 17 octobre 1945),  Buenos Aires est au XXème siècle traversée par la violence politique qui secoue le pays, centre névralgique d’une Argentine meurtrie.

 

Une fois le retour à la démocratie engagé en 1983, c’est l’économie, déjà atteinte d’une forte instabilité, qui est touchée par une crise sans précédent, dont les répercussions sociales atteignent des dimensions dramatiques : la classe moyenne s’effondre, et les manifestations dégénèrent en pillages ; le quartier d’affaires de Buenos Aires, alors « bunkérisé », en garde encore les traces sur les murs de ses banques, couverts de graffitis.

 

Aujourd’hui, si elle n’a pas retrouvé une santé de fer, l’économie argentine est en convalescence et bénéficie d’une relative stabilité ; avec ses 14 millions d’habitants, Buenos Aires, la capitale économique, se montre des plus dynamiques, misant sur le secteur tertiaire (services immobiliers, commerciaux et financiers) et, depuis quelques années, sur le tourisme : je vous invite donc à en découvrir les principales attractions.

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