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Foz de Iguazú : les chutes, de l'autre côté

19 Janvier 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

Pour pouvoir voir l’autre côté des chutes d’Iguassu, il faut passer du côté argentin : commence alors le marathon des postes frontières, et des bus-relais : un bus de la gare routière au terminal central de Foz do Iguaçu, un bus du terminal central au poste frontière brésilien, un autre bus du poste frontière brésilien au poste frontière argentin, puis jusqu’à la gare routière de Puerto Iguazú, où vous prendrez un dernier bus jusqu’au Parque Nacional Iguazú : le tout si bien coordonné que vous payez votre billet à chaque fois, et que vous perdez bien la matinée…

 

Un voyageur français en possession d’un passeport en cours de validité n’a besoin d’aucun visa pour passer en Argentine, où il pourra rester 3 mois avant de devoir sortir territoire ; mais il n’est pas dispensé des formalités du côté brésilien : si vous sortez du Brésil pour la journée, on vous donnera un papier qu’il vous suffira de présenter à votre retour ; si, comme moi, vous en profitez pour voyager en Argentine, il vous faudra l’indiquer aux douaniers et un coup de tampon garantira votre retour.

 

Etrange sensation que celle de passer une frontière : tout est pareil, et pourtant, l’on est sur un autre sol, un autre pays, où l’on parle une autre langue et échange une autre monnaie… Et même si je n’ai jamais rien à me reprocher (promis, juré, je n’ai rien caché dans mon sac à dos, ni marijuana, ni héro), un petit frisson me parcourt toujours l’échine, de peur de friser l’illégalité et de rester bloquée pour une raison inconnue… Et comme il arrive parfois que l’on se retrouve avec un petit sac de poudre blanche à son insu, c’est la paranoïa que je frise, surveillant mes affaires du coin de l’œil en permanence : aucune envie de fêter Noël avec le garde-chiourme d’une prison uruguayenne !!!

 

Puerto Iguazú, c’est donc déjà un peu l’Argentine : une terre rouge, intensément et étonnemment rouge ; des pancartes en espagnol : le « doce de leite » si populaire au Brésil devient alors « dulce de leche », mais il est tout aussi prisé des papilles locales… et c’est en pesos que l’on va le payer, même si en cette région de frontière nombre de commerçants acceptent tout de même les reais…



 

A 18 km de Puerto Iguazú, le Parque Nacional propose trois sentiers de promenade pour découvrir les chutes sous différents points de vue :

 

-          le « Paseio Inferior » offre une perspective en contre-plongée, et la possibilité de prendre un bote (« bateau ») gratuit pour rejoindre l’Isla San Martin :




là se trouve comme une plage où les visiteurs munis (ou non) de leur maillot de bain se rafraîchissent et prennent le soleil ; attention cependant, car ils ne sont pas les seuls et de charmants animaux de compagnie se baladent à travers les rochers...



 

-          le « Paseio Superior » offre en revanche une perspective en plongée, du haut de passerelles suspendues au-dessus des chutes ; moins impressionnant, mais de beaux panoramas tout de même ;



 

-          enfin, le « Paseio Garganta del Diablo », que l’on rejoint en empruntant un petit train, part en amont des chutes et longe quelques îles avant d’atteindre le point final, apogée de la journée : 13 000 m³ par seconde se déversant sur 90m et 14 points de chute distribués le long d’un arc en fer à cheval ; grondement des eaux, arcs-en-ciel, iridescences des gouttelettes, fouettement des embruns… médusée, scotchée, captivée, je reste jusqu’à l’ivresse et l’ étourdissement, puisant l’énergie de ce spectacle de la Nature et la force de ses éléments…



 

Le retour à Puerto Iguazú me laisse juste le temps d’admirer le soleil couchant sur les terres du Parque ; avant d’embarquer pour un nouveau trajet, qui en une vingtaine d’heures me mènera à Buenos Aires.

 

Sachez pour votre gouverne de routards que les bus argentins (reconnus dans toute l’Amérique du Sud pour la qualité de leurs prestations), c’est grand luxe :



fauteuils spacieux et confortables, couverture (n’oublions pas que les bus long-trajet sont de véritables compartiments réfrigérés tant la climatisation y est poussée à fond !) et oreiller, musique et DVD, dîner et petit-déjeuner servis à votre place par une hôtesse aussi souriante qu’élégante, qui ira même jusqu’à vous proposer un verre de whisky après le dîner si vous le désirez (!) Bref, le temps serait passé plus vite… si nous n’avions pas été forcés de nous arrêter au beau milieu de la pampa à une heure du matin, en raison d’un contrôle de police positif : un des voyageurs transportait de la drogue dans son sac ! Une heure et demie d’interrogatoires plus tard, il ressort sans piper mot du poste de police et nous pouvons enfin reprendre notre route… bienvenida en la America Latina !!!

 

Cet épisode ne m’empêche pas d’admirer les beaux paysages que nous traversons, depuis ces longues routes linéaires, un peu semblables à l'image que je me fais des routes nord-américaines, peuplées de camions titanesques, et bordées de forêts, champs, troupeaux… et que j'imagine peuplée d’intrépides gauchos, ces cow-boys du Sud, fiers et solitaires…


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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