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Itaipu : entre production et protection

19 Janvier 2009 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

A 19 km de Foz do Iguaçu, le barrage d’Itaipu, imposant ouvrage hydroélectrique, est l’un des projets démesurés qui ont lourdement endetté le Brésil ces dernières années.



 

Différentes visites commentées sont proposées au visiteur, j’ai pour ma part opté pour un billet couplé « Visita panorâmica- Refugio Biologico », afin de voir comment le site avait réussi à établir un équilibre entre technologie et nature.



 

Deuxième plus grande centrale hydroélectrique du monde après le Barrage des Trois Gorges en Chine, Itaipu est entrée en service en 1984 et dispose d’une capacité de production de 14 GW, soit 25% de l’énergie électrique consommée au Brésil (principalement les Etats de São Paulo et Rio de Janeiro, le Paraná et le Santa Catarina disposant d’autres barrages pour les alimenter) et 90% de celle consommée au Paraguay.

 

Car les deux pays frontaliers ayant co-financé la construction et la manutention du barrage, la moitié de l’énergie produite revient au Brésil, et l’autre au Paraguay ; mais comme le Paraguay n’en utilise que 5%, il revend les 45% restants au Brésil… qui dispose alors de 95% de l’énergie produite à Itaipu : vous me suivez ?



 

La quantité de fer et d’acier nécessaire à la construction de cet édifice titanesque de 196m de haut est équivalente à celle de 380 Tours Eiffel, et la quantité de béton à celle de 210 stades Maracana. De quoi donner le vertige…

 

Mais de tels projets ne sont pas sans conséquences pour l’environnement, qu’il soit humain ou naturel : 148 ouvriers sont morts durant les travaux, et deux œuvres (une statue, et une fresque) leur rendent hommage face au barrage ;



et le « Salto de Sete Quedas », appelé aussi « Salto del Guaíra », attraction touristique majeure d’Amérique du Sud, a disparu, submergé par le lac de réserve du barrage.

 

Aussi était-il intéressant d’enchaîner ensuite avec la visite du Refugio Biologico Bela Vista, un espace voué à maintenir un équilibre dans l’écosystème bouleversé par la construction du barrage : lieu de préservation, lieu d’expérimentation aussi, le Refugio Biologico reconstitue la forêt tropicale



et sa variété tant végétale qu’animale : on y rencontrera donc capivaras, jacarés, saguís, iguanas, tartarugas, papagaios, corujas, cigarras… et autres bestioles fort sympathiques.



 

Les activités menées vont de la production de plants pour la reforestation, à l’accueil de d’animaux en captivité, en passant par la recherche scientifique en matière de faune te de flore et des actions d’éducation environnementale en direction des écoles et des communautés de la région. Tous les édifices de la réserve utilisent des sources alternatives d’énergie et ont été construits sur la base de concepts d’architecture « verte ». Enfin, la réserve intègre une sorte de « couloir vert » qui relie le Parque Nacional de Iguaçu à Guaíra et totalise 40 mille ha de zones protégées. Et Bela Vista n’est qu’un des sept refuges biologiques maintenus par Itaipu, outre Santa Helena (Brésil), Maracaju (binational) et Tatí Yupí, Pikyry, Carapá et Mbaracayú (Paraguay).

 

 

Est-ce pour se donner bonne conscience, pour la publicité, ou par souci sincère de protection de l’environnement ? La société « Itaipu Binacional » multiplie les initiatives en matière de responsabilité sociale et d’écologie, sous la forme de projets et de fondations, souvent couplées avec d’autres entreprises… pour plus d’informations à ce sujet, je vous renvoie au site

 

http://www.itaipu.gov.br/

 

Vous y trouverez également indiquées les autres attractions touristiques proposées par le site : visite de l’intérieur du barrage, visite de l’Ecomuseu, qui retrace l’histoire de sa fondation, spectacle son et lumière… un vrai Itaipuland !

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