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« Brindiamo nei lieti calici » - suite

30 Novembre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Papilles & Pupilles

Reste ensuite à relever l’épineuse question qui tracasse tout épicurien digne de ce nom, c’est-à-dire l’accord entre mets et vins : comment assortir un plat et un vin sans que l’un ne fasse de l’ombre à l’autre dans le défilé des réjouissances gustatives ? C’est tout un autre apprentissage, auquel le cordon-bleu en herbes que je suis se confronte peu à peu, à force de tentatives maladroites et de succès inespérés - et de surprises aussi parfois…

 

A l’instar de ce Chardonnay Santa Helena Reservado, un vin blanc du Chili (Seleccion del Directorio) que j’ai choisi, un peu au pif je dois l’avouer, car son nom m’inspirait : sa tendre robe jaune aux reflets verts et ses arômes puissants et frais ont épousé divinement la saveur douce et fruitée de ce saumon à la crème de mangue dont je vous parlais tout récemment…

 

 

 

 

 

Un cher complice ès dégustations, aussi fin connaisseur de mets que de vins, m’a suggéré par la suite un Gewurtztraminer (mais pas vendanges tardives), qui aurait réalisé l’accord parfait avec ce plat exotique à base de fruits ; j’ai pris note, et tenterai de m’en procurer lors d’un prochain essai.

 

Mais cela risque de ne pas être sans difficulté : car au Brésil, si la bière coule à flots, la culture du vin est bien peu répandue ; l’on boit essentiellement des jus de fruits, des refrigerantes (« sodas »), de la cachaça et ses déclinaisons telles que la traditionnelle caipirinha ; mais, avec une consommation moyenne de 2 litres/an/habitant, peu de gens sont habitués à boire du vin, encore moins à le déguster et à l’apprécier.

 

L’un de mes camarades de la blogosphère, tombé amoureux du Brésil, a décidé d’initier les Brésiliens au plaisir du vin au moyen de sa « Confraria do vinho », version moderne et cybernétique des anciennes confréries de tastevins ; je vous renvoie à son site pour plus de précisions :

 

 

 http://www.vinho-frances.com/

 

Le Brésil est pourtant un pays à la fois producteur (15ème rang mondial) et consommateur de vin, et la dynamique actuelle se révèle des plus favorables au développement de ce marché.

 

Côté production, le Brésil compte 60 000 hectares et 2,5 millions d’hectolitres, occupant ainsi le troisième rang de la production sud-américaine ; arrivée en 1532 avec les Portugais, la vigne n’a pourtant été exploitée par aucune industrie viticole, jusqu’aux années 1970, où l’arrivée de multinationales et l’importation de grands cépages tels que le Chardonnay, le Sémillon et le Cabernet Sauvignon a permis l’émergence de la viticulture.

 

Aujourd’hui, c’est la pointe sud du Brésil, avec son climat tempéré (étés chauds et hivers rigoureux) qui se montre la plus propice à la viticulture, en particulier l’Etat du Rio Grande do Sul (39 000 hectares de vignes), où les Italiens immigrés en masse ont apporté la culture de la vigne (épopée racontée par Itala Nandi dans son documentaire « In Vino Veritas », réalisé en 1982). Mais le Brésil est encore peu connu comme producteur, et encore moins comme exportateur.

 

Côté consommation, on a constaté récemment une nette hausse (371,8 millions de litres sur l'année 2007 contre 250,9 en 1995), et la tendance est aux vins du Nouveau Monde, en particulier des pays frontaliers (Chili, Argentine et Uruguay), tandis que le vin français, positionné sur le segment haut de gamme, perd des parts de marché.

 

Voici le lien d'un article qui fait une synthèse intéressante de la situation :

 

http://lullyconseil.unblog.fr/tag/conjoncture/vins-etrangers/bresil/

 

Le Brésil y apparaît plus que jamais comme un pays d’avenir, aux fortes potentialités…entrepreneurs, viticulteurs, ou simples amateurs : lancez-vous !

 

 

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