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Quand le Brésil admirait la France

29 Novembre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Intermède musical

Il fut un temps, jadis, où la France jouissait d’un prestige incontesté à travers le monde entier, et les liens culturels entre la France et le Brésil sont depuis longtemps tissés d’émulation, d'admiration, de rivalité et d'amitié (et pas seulement dans le domaine du football).

L’intelligentsia française a ainsi investi les universités brésiliennes, en particulier à la fin du XIXème siècle, époque où régnait la philosophie positiviste d’Auguste Comte, puis dans la première moitié du XXème siècle, avec la venue de Claude Lévi-Strauss, suivie de celle de nombreux ethnologues et anthropologues de renom. Les écoles d’art brésiliennes ont également accueilli moult artistes venus enrichir leurs paysages de végétations exotiques et leurs portraits de physionomies métisses.

 

Le Brésil en a tiré son slogan national, qui figure sur le drapeau jaune et vert (« Ordem e progresso », « Ordre et progrès »), mais aussi une mode « francisante » qui faisait rage dans les milieux bourgeois, en particulier à la capitale, à l’époque Rio de Janeiro : émergence d’une architecture « Belle époque » qui se voulait à l’image des édifices que les Brésiliens fortunés pouvaient admirer lors de leur « tour d’Europe », apprentissage de la langue française, lecture des auteurs français, recours aux services de gouvernantes françaises pour l’éducation des jeunes filles de bonne famille…

 

Le premier succès du chanteur Assis Valente, la chanson « Tem francesa no morro », samba enregistré par Araci Cortes, satirise cette mode des bourgeois cariocas d’infester leur langage d’expressions françaises.

 

Le compositeur ne s’insurgissait pas tant contre les néologismes français que contre l’effet de mode, fruit d’une pure ostentation : ''Donê muá si vu plé lonér de dancê aveque muá » écrit-il, se limitant à transcrire le français parlé par la fine fleur de la société brésilienne.

 

Et il terminait par : ''si vu ne pa dancê, pardon, ma cherri, adie, je me vá''. Naturellement, hier comme aujourd’hui, aucune traduction n’était nécessaire pour comprendre ce français « macarrônico » qui ferait rire bien des académiciens…

 

 

La preuve en musique sur :

 

http://www.dabliudiscos.mpbnet.com.br/catalogo/db0096/index.html

 

 

 

 

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