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Santa Terezinha, priez pour moi !

9 Novembre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Amicales noctambules

Je ne connais pas de meilleure guide pour dénicher les coins sympas que mon amie Gabi, qui m'a invitée hier soir à découvrir un nouveau "barzinho" - diminutif de "bar", que les Brésiliens affectionnent pour désigner un endroit où l'on peut converser tranquillement tout en grignotant des "bolinhos", "pasteis" et autres délices salées, et en sirotant une bière bien glacée... le "pub" version tropicale, quoi !

J'ai découvert ainsi l' "Emporio Santa Terezinha" : "emporio" en portugais se traduirait par "comptoir", "marché", "épicerie"... un mélange des trois, désignant une boutique d'alimentation où vous trouverez des spécialités portugaises : l'incontournable "bacalhau" (morue), salaisons, fromages, olives, huiles, fruits secs, biscuits... le tout directement importé de là-bas.



Ici, outre les produits portugais, vous trouverez aussi des spécialités venues d'autres pays méditerranéens (Italie, Espagne en particulier) comme cette enfilade de "mortadelle di Bologna" élégamment suspendues dans leurs filets :



ou cette montagne de "panettoni" (eh oui, Noël arrive, et ici aussi on adore cette brioche aux fruits confits et au goût prononcé de fleur d'oranger)



...ainsi que des dérivés brésiliens : à l'exemple de ce gigantesque "pé-de-moleque" (littéralement "pied-de-gamin"), une spécialité de la ville de Piranguinho (dans l'Etat du Minas Gerais), sorte de nougat à base de cacahuètes torréfiées et de caramel.



Sera-ce parce que l'endroit a ouvert tout récemment, mais il est plein, et il faut attendre qu'une table se libère en prenant son ticket comme au supermarché : un personnage haut en couleurs et au puissant gosier (dont je n'ose imaginer l'état des cordes vocales en fin de soirée) hurle alors le numéro de l'heureux élu lorsque ce dernier peut enfin rejoindre sa table dans la salle attenante, simple et élégante, avec ses tables rustiques et ses plantes grimpantes.



Là, de 7 (et même moins) à 77 (et même plus) ans, se confondent toutes les générations, et les "garçons" sont légion : mais attention ! n'allez pas demander un jus de fruits à celui qui sert les bières :  cela ne rentre pas dans le cadre de sa mission... chacun a donc un rôle dévolu, et nous attendons patiemment qu'arrive celui qui voudra bien nous commander un "bolinho de bacalhau".



Ce petit beignet de morue assaisonné d'herbes et d'oignons, arrosé de jus de citron, typiquement portugais, se sert à l'unité ou, pour les groupes à l'âme partageuse, en portions de six ; on y va sans façons, avec les doigts, et c'est si bon !

... mais très salé ! et le "bolinho" appelle tout naturellement un autre "chope" (notre "demi") de "cerveja" (bière), ici de marque brésilienne "Brahma" : qu'elle soit "clara" (blonde) ou "escura" (brune), elle est fraîche et douce, et vient à point redonner à mon palais l'énergie dont il a besoin pour baragouiner en portugais.

Car comme tous les espaces publics brésiliens, l' "Emporio Santa Terezinha" est extrêmement bruyant : les Brésiliens parlent fort, vraiment très fort ; et par effet de surenchère, pour se faire entendre, il faut parler encore plus fort... quand il n'y a pas de musiciens pour offrir un "léger" fond sonore : là, laissez tomber la conversation si vous ne voulez pas terminer la soirée complètement aphone ! et concentrez-vous sur les rythmes de "samba" et de "chorinho", qui vous berceront jusqu'à l'heure de rentrer cuver doucettement vos deux, non, trois, euh... quatre, vraiment ? "chopes"...

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pmp 10/11/2008 18:58

je lis avec délice que tu te mets à apprécier la bière en lieu et place du thé, peut etre un nouveau gout commun à partager

Passerelle 10/11/2008 19:41


je me mets à la bière en effet... mais certainement pas en lieu et place du thé ! cette boisson n'est pas encore bien assimilée par la culture brésilienne (et je doute qu'elle le soit un jour) et,
malheureusement, j'ai laissé en France ma collection de thés de toutes variétés... je me contente donc d'un thé vert "genmaïcha" dégotté dans un bazar asiatique du quartier de "Liberdade" à
São Paulo, et j'en sirote mon litre quotidien en rendant grâces à l'import-export japonais !