Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Brasília : les Pères Fondateurs / 1

2 Novembre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Il était une fois...

Ils sont quatre, mousquetaires visionnaires, partis à l'assaut du futur pour défendre le panache vert et jaune du Brésil. Oeuvrant main dans la main, "un pour tous et tous pour un", quatre têtes pensantes assistées d'une armée d'ouvriers acharnés à la tâche pour donner naissance à la capitale de demain :  le pouvoir décisionnel, relayé par la fine fleur des artistes brésiliens, dans une symbiose créative et innovatrice.

1 - Le Président : Juscelino Kubitschek

Né dans le Minas Gerais en 1902 d’un père brésilien et d’une mère d’origine tchèque, Juscelino Kubitschek de Oliveira, (communément surnommé “JK”, “jota-cá”) commença sa carrière comme médecin puis médecin militaire avant de se lancer en politique en 1934. A partir de ce moment- là, il gravit les échelons de “prefeito” de Belo Horizonte, “governador” du Minas Gerais, et enfin Président des Etats-Unis du Brésil de 1956 à 1961.

 

Il est connu pour avoir développé l’infrastructure industrielle, la croissance économique, le sens de la démocratie et le bien-être et la cohésion des citoyens au Brésil. La preuve par son slogan “Cinquante ans en cinq” qui accompagnait son Plan National de Développement, appelé aussi “Plano de Metas”, distribué en six grands groupes : énergie, transports, alimentation, industrie de base, éducation, et – pilier fondamental – Brasília.

 

Son mandat est donc entré dans l’histoire comme “Os Anos Dourados” (“les Années d’Or”), contemporaine à la phase de prospérité nord-américaine d’”American Celebration” : apparition des appareils électro-ménagers, objets de plastique et fibre synthétique, automobiles, qui contribuèrent à diffuser l’ “American Way of Life” et à faciliter la vie des Brésiliens ; développement des moyens de communication (radios, revues, journaux, programmes musicaux..) et effervescence culturelle (avec, entre autres, la naissance de la bossa-nova) ; reconnaissance sur le terrain international avec la victoire de la “Seleção” brésilienne à la coupe du Monde 1958...

 

Mais les critiques ne manquèrent pas : outre de nombreuses accusations de corruption, on reprocha à Kubitschek d’avoir priorisé le transport routier au détriment du transport ferroviaire, ce qui aurait causé l’isolement de certaines villes ; et l’expansion du crédit, l’augmentation de l’importation pour l’industrie automobile, et la constante émission de monnaie (pour maintenir les investissement de l’Etat et payer les emprunts étrangers) provoquèrent une inflation telle que l’on renversa ironiquement le slogan du Plan de Développement de “Cinquante ans de Progrès en cinq ans” en : “Cinquante ans d’inflation en cinq ans”...

Mais l’on peut reconnaître à Kubitschek le mérite d’avoir maintenu le régime démocratique et la stabilité politique, évitant la confrontation directe avec ses adversaires politiques, et appelant ces derniers à faire opposition au sein des lois constitutionnelles, ce qui engendra, parmi les Brésiliens, un climat de confiance et d’espoir pour le futur.

En matière de politique étrangère, le rapprochement avec les Etats-Unis aida l’implantation de sa politique économique industrielle et appuya l’Operação Pan-americana (Opération Pan-américaine), initiative diplomatique visant à préserver le continent du fantôme communiste.

[NB : étrange lorsque l’on admire la statue qui lui rend hommage au Memorial JK, en forme de faucille et avec des airs de Lénine bien trompeurs...]




Accusé de corruption, il fut privé de ses droits politiques en 1964 et partit alors pour un exil voontaire qui le mena à travers les Etats-Unis et l’Europe. Ironie du sort pour le président qui promut à tout-va l’industrie automobile, il périt dans un accident de voiture en 1976, dans des circonstances encore peu claires, au kilomètre 328 de l’autoroute Presidente Dutra, à Resende. Ses restes sont aujourd’hui conservés au Memorial JK, construit en 1981 avec le financement de donations des citoyens, venus en masse rendre hommage au Président qui marqua l’histoire brésilienne et la scène brésilienne par son habileté politique, ses réalisations progressistes et son respect des institutions démocratiques.


Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article