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La bossa nova : 50 ans, et pas une ride !

20 Octobre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Intermède musical

La « nouvelle bosse », c’est la douceur nonchalante du « samba » pimentée de rythmes jazzy, un style musical né dans les années 1950, et qui a depuis fait le tour du monde entier, emportant dans son sillon musiciens et chanteurs de toutes les nationalités.

Ce « nouveau truc » (« bossa nova » en portugais familier) inventé par João Gilberto et rapidement adopté dans leurs « bœufs » par des étudiants et de jeunes musiciens des quartiers d’Ipanema et de Copacabana à Rio, voulait marquer à l’origine une rupture avec la musique traditionnelle brésilienne et offrir une alternative aux oreilles brésiliennes, quand seuls régnaient sur la scène musicale « sambas » de type carnaval, avec force percussions, ou « samba-canção », de douces ballades romantiques voisines des « boléros » latino-américains.

Introduisant rythmes syncopés à la guitare et au piano, au contraire du « samba » traditionnellement binaire, un tempo plus lent, et une instrumentation plus présente, la bossa nova, que l’on a coutume de rapprocher du jazz, a recours en réalité à des constructions harmoniques plus proches de la musique classique, en particulier Debussy et Chopin.
(N’ayant pas ouvert un livre de solfège depuis une bonne dizaine d’années, je ne m’aventurerai pas à vous expliquer les extensions de gamme et autres subtilités techniques, de peur de me couvrir de ridicule et de faire grincer des dents les musicologues dignement qualifiés).


La Sainte-Trinité de la bossa nova est composée de João Gilberto (interprète), Antônio Carlos Jobim, dit Tom pour les intimes (compositeur) et Vinícius de Moraes (poète) : le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont réunis dans l’album « Chega de saudade », enregistré à Rio en 1958, mais vendu à São Paulo à partir de 1959, et qui regroupe les plus grands classiques  de la bossa nova : « A garota de Ipanema », aujourd’hui légendaire, « Corcovado », « Desafinado », « So’ danço Samba », « O grande amor » e « Vivo sonhando ».

Mais autour de la triade patriarcale gravitent nombre d’artistes appartenant à des planètes musicales plus ou moins proches : samba, jazz, évidemment, mais aussi pop, drum’n bass, breakbeat, groove, swing et hip-hop insufflent à la bossa nova des sons nouveaux, et aux « vieux de la vieille » (Astrud Gilberto, Stan Getz, Sergio Mendes, Elis Regina, Baden Powell, Henri Salvador[1]…) a succédé une nouvelle génération de musiciens internationaux (Jazzanova, Gilles Peterson, Moonstarr, Zuco 103, Bebel Gilberto..) qui en renouvellent avec bonheur les accords.

Sans pour autant renoncer à la douce sensualité de cette caresse musicale où des voix feutrées susurrent des mots d’amour et de désamour sur des mélodies de velours…

 

 

 



[1] NB : le bruit court que ce serait Henri Salvador l’inventeur de la bossa nova ; mais le chanteur guyanais n’en a jamais revendiqué la paternité ! Arrivé au Brésil comme accompagnateur de Ray Ventura dans les année 1940 (donc bien avant la naissance de la bossa), il aurait simplement inspiré à Jobim les rythmes langoureux de la bossa :

« Tom Jobim est allé au cinéma où il a vu un film dans lequel je chantais Dans mon île, chanson que j’avais composée. Quand il l’a entendue, il s’est dit : « Tiens, c’est ça qu’il faut faire : ralentir la samba, mettre de belles mélodies et de beaux accords ». Je suis tout fier d’avoir inspiré Jobim, mais ce n’est pas moi qui ai inventé la bossa. »


 

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Alexis 28/10/2008 13:56

Les souvenirs de Mr Rault ne sont donc pas suffisants en matière de base de solfège ?! (sans oublier ce soutien mémorable de sa conjointe au pupitre de flûte de l'harmonie...)

Passerelle 01/11/2008 01:09


C'est que ça commence à être loin, l'harmonie ! ah , le temps des fanfares, le répertoire tsoin-tsoin, le petit vin chaud après le défilé du 11 novembre, et les fous rires dans le pupitre
de flûte... on se fait vieux, mon gars !