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Elis Regina : reine de la bossa nova

20 Octobre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Intermède musical

Surnommée “furacão” (ouragan) et “pimentinha” (petit piment) pour l’énergie et la sensualité  débordantes qui la caractérisaient, Elis Regina Carvalho da Costa (1945-1982), l’une des chanteuses brésiliennes les plus populaires des années 1960 et 1970, est aujourd’hui un mythe bien ancré dans la culture brésilienne.



 

Repérée lors d’une émission de radio pour enfants, « Le Club de Guri » sur « Rádio Farroupilha » (une sorte d’ « Ecole des Fans » brésilienne ?), elle enregistra son premier CD, « Viva a Brotôlandia » à l’âge de 16 ans. Précoce, douée, perfectionniste à l’excès, acharnée à la tâche, Elis Regina enchaîna les enregistrements, émissions de radio et de TV, en collaboration avec d’autres grands chanteurs brésiliens de l’époque : Milton Nascimento, João Boscoli, Chico Buarque, Jorge Ben et Caetano Veloso, et des chorégraphes célèbres, comme Lennie Dale, qui lui apprit à mouvoir son corps pour chanter, et lui inspira ce geste des bras qui lui donnait tant de grâce.

 

Mezzo-soprano au timbre légèrement métallique et vaguement rauque, sa virtuosité technique à toute épreuve lui permit d’explorer tant le « fino da bossa-nova », dont elle devint une des plus grandes références, que la MPB (« Musica Popular Brasileira »), deuxième génération de la bossa-nova, plus urbaine et « populaire », et le samba, dont elle consacra « Tiro ao Alvaro » et « Iracema » d’Adoniran Barbosa. Ses interprétations de « Como nosso pais » de Belchior, de « Travessia » de Nelson Nascimento (qui l’appelait sa « muse inspiratrice ») et de « Aguas de Março » de Tom Jobim, sont maintenant inscrites dans l’anthologie des classiques de la musique brésilienne.

 

En 1968, un voyage en Europe la lance sur la scène internationale, avec grand succès à la clef, en particulier à l’Olympia de Paris, où elle fut la première artiste à se présenter deux fois dans la même année.

 

Chanteuse engagée, Elis ne mâchait pas ses mots contre la dictature brésilienne durant les « anos de chumbo » (« années de plomb »), où de nombreux musiciens furent persécutés et exilés. Son immense popularité la protégea des geôles, mais elle fut obligée par les autorités à chanter l’hymne national pendant un spectacle dans un stade, ce que la gauche brésilienne ne lui pardonna jamais.

 

Décédée en plein firmament le 19 janvier 1982, à seulement trente-six ans, suite à une overdose de cocaïne, de sédatifs et d’alcool, l’étoile de la bossa-nova est, aujourd’hui encore, au top-ten des bacs des disquaires : et la phrase « Elis Vive » (« Elis est vivante ») taguée sur les murs brésiliens au lendemain de sa mort est plus que jamais vraie…

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