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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 20:18

Depuis bientôt deux siècles, le Brésil n’a cessé d’accueillir de nouveaux arrivants pleins d’espoir devenus à leur tour Brésiliens, sinon de souche, du moins de cœur. Aujourd’hui, le pays continue à recevoir des immigrants, Paraguayens et Boliviens fuyant la misère socio-économique, arabes du Moyen-Orient fuyant des pays en guerre, « cerveaux » et businessmen européens et américains investissant les universités et les sièges des multinationales…

 

La nouveauté, c’est que depuis deux décennies, le nombre de Brésiliens émigrés pour tenter leur chance ailleurs a largement dépassé celui des immigrés : CSP++ partant vers le Canada et l’Australie, populations pauvres du Nord-Este rejoignant les mines du Surinam, de la Guyane et du Vénézuéla, et descendants d’Allemands, d’Italiens et d’Espagnols utilisant leur double nationalité pour gagner l’Union Européenne et ses opportunités.

 

Les principales destinations sont :

 

-          le Portugal, cible des classes moyennes (en particulier dentistes et professions médiatiques) ;

-          le Paraguay, qui a absorbé l’expansion de la frontière agricole brésilienne et compte aujourd’hui plus de 300 000 agriculteurs installés sur son territoire, en particulier « gauchos » et habitants de l’Etat du Parana ;

-          le Japon, où des centaines de milliers de descendants de Japonais nés au Brésil exercent des fonctions subalternes dans l’industrie japonaise ;

-          les Etats-Unis, où les Brésiliens exercent des activités modestes (maçons, cireurs de chaussures), à New York et Boston en particulier, et généralement de manière illégale ;

 

Le Brésil est donc en train de se transformer de pays « pull » en pays « push », pour reprendre le jargon des études migratoires… Etrange, si l’on compare avec le Japon, l’Espagne et l’Italie, terres historiques d’é-migration, devenues, elles, terres d’im-migrations depuis quelques décennies…avec tous les problèmes que cela pose en termes d’intégration, de racisme et autres tensions sociales, dans des pays qui n’ont pas été habitués à recevoir des étrangers.

 

 

On appelle ça, je crois, les vases communiquants…

 

Par Passerelle - Publié dans : Détours de Babel
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Commentaires

Si tu lis toujours les commentaires sur ton blog, tu seras surprise / ravie d'apprendre que la tendance s'est inversée de nouveau ... L'essor de l'économie brésilienne face au ralentissement de l'économie mondiale a créé un nouvel attrait du Brésil. Le premier semestre 2011 est un record historique de visas accordés à des étrangers au Brésil, et les Brésiliens sont plus nombreux à revenir au pays qu'à le quitter.

Comme tu l'écrivais, avec tous les problèmes que cela compose !
Commentaire n°1 posté par Flo le 19/08/2011 à 02h11

Merci Flo pour cette remarque très intéressante, qui met à jour des observations désormais un peu dépassées tant le Brésil change et se bouleverse à toute vitesse !

Vu l'amélioration du taux de change et la croissance économique, les Brésiliens sont en effet aujourd'hui bien moins tentés de quitter leur pays pour tenter leur chance ailleurs, et ceux qui l'ont fait il y a quelques années sont en train de rentrer ; à propos j'ai une question (à laquelle tu sauras peut-être répondre, car tu sembles bien informé(e) sur le sujet) : quid des étrangers ? Le Brésil attire-t-il déjà les investisseurs, ingénieurs, entrepreneurs et main-d'oeuvre qualifiée (comme c'est le cas de la Chine actuellement) ou s'agit-il encore d'une immigration moins qualifiée (comme au siècle dernier) ; d'où viennent-ils ? Plutôt des pays limitrophes, d'autres BRICs, d'Europe ??? Où s'insèrent-ils ?

Réponse de Passerelle le 22/08/2011 à 14h49
Etant moi-même un ingénieur français avec un visa de travail brésilien issu en 2011, je rentre dans la catégorie professionnelle formée. J'ai rencontré de nombreux étrangers arrivés il y a peu qui sont passés par les universités européennes ou nord-américaines. Je sais que beaucoup de Portugais et Espagnols bien diplômés sont aujourd'hui au Brésil après avoir quitté le chômage qui effraie l'Europe depuis 2009. Beaucoup d'ingénieurs ! De nombreux investisseurs également, même si le Brésil essaye, comme la Chine, de mettre des barrières à l'entrée pour éviter les bulles financières ...

Ce qui aurait été considéré comme une hérésie il y a quelques années, dans mon secteur, le salaire brésilien est semblable à son équivalent français. Mais même ainsi, mon pouvoir d'achat n'est pas plus élevé que dans une ville de province en France. D'ailleurs, au taux de change actuel, São Paulo est plus chère que Paris ...

Bien sûr, il reste beaucoup d'immigrés des pays plus pauvres de l'Amérique du Sud. Mais tous n'étant pas des immigrés légaux et fichés, leur nombre reste difficile à connaître.

Vraiment, le Brésil a bien changé ...
Un article récent sur le sujet : http://exame.abril.com.br/carreira/noticias/salarios-brasileiros-atraem-estrangeiros
Commentaire n°2 posté par Flo le 23/08/2011 à 02h24

Merci pour ce témoignage bien renseigné et le lien vers l'article ! Oui, le Brésil est en plein boom, en plein bouleversement, c'en est d'ailleurs choquant à chaque fois que l'on y retourne après l'avoir quitté quelques mois seulement, et l'inflation est elle aussi flagrante ! Un pays qui croît à pas de géant... où cela mènera-t-il ? L'éducation, la santé, les infrastructures, la culture, l'environnement... tout cela va-t-il suivre, ou se dirige-t-on vers une grosse bulle de consumérisme effréné qui finira un jour par exploser ? That is the (big) question !

Réponse de Passerelle le 24/08/2011 à 21h40
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