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Aux urnes, citoyens !

7 Octobre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Res politica

Les Brésiliens étaient hier appelés aux urnes pour le premier tour des élections municipales 2008. Aux urnes, certes, mais pas n’importe lesquelles ! Car ici les urnes sont électroniques : pour voter, il suffit d’utiliser un clavier semblable à celui d’un téléphone, de composer le numéro du candidat choisi, dont la photo, le nom et le signe du parti vont apparaître sur l’écran ; on demande ensuite à l’électeur de vérifier les informations, puis de confirmer son vote ; l’urne émet alors un bref signal sonore, et le mot « fin » apparaît sur l’écran.



Rapide, efficace, sûr, ce système évite d’attendre trop longtemps le décompte des résultats : peut-être vous souvient-il des élections américaines de 2000, qui, après avoir maintenu pendant des semaines le monde entier suspendu à l’attente des résultats de la Floride, donnèrent la victoire, des plus controversées, à Georges W. Bush…

Il est censé éviter aussi ( ?) les fraudes et manipulations politiques, mais dans un pays où le vote est obligatoire, et où la population, en grande partie peu ou pas alphabétisée, vote pour le plus démagogue, on s’interroge sur la notion de démocratie…

Le TSE (Tribunal Superior Eleitoral) a d’ailleurs édité à l’occasion de ces élections 2008 un « Guide de l’électeur citoyen »












où, sous forme de questions-réponses, est recensé tout ce que l’électeur-citoyen doit savoir avant d’aller voter : à quoi sert la commune, quelles sont ses responsabilités, quelles sont les droits et les limites en matière de propagande, à quelles dérogations peut-on avoir droit… mais aussi, ce qui m’a semblé étrange : « comment savoir si un « prefeito » est bon ou mauvais ? »

Le « prefeito » (maire) et les « vereadores » (conseillers municipaux) d’une commune sont élus pour quatre ans, par un vote direct et secret ; le « prefeito » au système majoritaire, avec un second tour dans les communes de plus de 200 000 habitants où aucun candidat n’aurait obtenu la majorité ; les « vereadores » au système proportionnel. La propagande est très réglementée, mais la campagne électorale s’est quand même déroulée au rythme des mini-spots télévisés, des affiches grand format, et… des militants qui, sur le bord des routes, distribuaient des tracts et agitaient des drapeaux aux couleurs de leur candidat ( !).

Les résultats sont donc arrivés très vite, et, d’après Jean-Pierre Langellier, correspondant à Rio, dans Le Monde du 7 octobre 2008 :

 « La lutte s’annonce serrée entre les partis de la coalition gouvernementale de centre gauche et ceux de l’opposition dans les principales villes brésiliennes après le premier tour, dimanche 5 octobre, des élections municipales. Le second tour aura lieu le 26 octobre.

Le scrutin devait permettre de tester l’influence du président Luiz Inacio Lula da Silva, deux ans avant la présidentielle de 2010. Le chef de l’Etat, qui accomplit son second mandat, n’aura pas le droit de se représenter. Il n’a pour l’instant intronisé aucun successeur, mais on lui prête l’intention d’adouber son actuel ministre chef de cabinet, Dilma Roussef.

La popularité du président est à son zénith (autour de 80 % d’opinions favorables) grâce à la bonne tenue de l’économie et aux résultats positifs de sa politique sociale. Mais, au niveau local, le Parti des travailleurs (PT, gauche), la formation présidentielle, reste peu implanté. Avant ce scrutin, le PT dirigeait ou participait à la gestion de quelque 700 mairies sur plus de 5 500, même s’il administrait neuf capitales d’Etat sur 26. Dimanche, le PT l’a emporté d’ores et déjà dans six capitales, dont Recife, Fortaleza et Vitoria.

INCERTITUDE À SAO PAULO

La bataille du second tour sera particulièrement intéressante dans les deux plus grandes villes du pays : Sao Paulo et Rio de Janeiro. A Rio, où la gauche était très éclatée au premier tour, le candidat arrivé en tête, Eduardo Paes, 38 ans, est un centriste, membre de la coalition gouvernementale. Il affrontera au second tour un homme politique au profil moins classique et au parcours plus agité, Fernando Gabeira, 67 ans.

Cet ancien guérillero urbain, entré en rébellion contre la dictature militaire, était devenu célèbre en participant à Rio en septembre 1969, avec un groupe d’étudiants révolutionnaires, à l’enlèvement de l’ambassadeur américain. Le diplomate fut ensuite libéré en échange de l’élargissement d’un groupe de prisonniers politiques. Fernando Gabeira, blessé lors de son arrestation, avait alors à son tour été échangé, puis contraint à l’exil. Député fédéral, il représente le Parti vert, qu’il a cofondé.

Le second tour sera encore plus important à Sao Paulo, la ville la plus peuplée - 11 millions d’habitants - et la plus riche du pays. La candidate du PT, Marta Suplicy est légèrement devancée par le maire sortant de droite, Gilberto Kassab, récompensé pour sa bonne gestion. Or l’enjeu de ce scrutin local a une dimension nationale. L’éventuelle réélection de M. Kassab renforcerait la position de son allié, le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, José Serra, membre du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), la principale formation d’opposition, et surtout, désireux de se présenter à la prochaine présidentielle.

Face à ce vétéran de la politique brésilienne, le PT aura du mal à trouver un candidat de même envergure. On saura au soir du 26 octobre si le parti présidentiel consolide assez son implantation dans les grandes villes pour aborder en position de force la longue campagne qui conduira à l’élection de 2010.”

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http://monbresil.over-blog.com 08/10/2008 12:54

merci pour cet article d'information très interressant... j'écris pour ma part un blog sur le Brésil vu par un français qui correcpond en partie à vos préoccupations... http://monbresil.over-blog.com ...on m'a demandé si dans les villes de moins de 200 000 habitants il n'y a qu'un tour comme vous le suggérez???

Passerelle 13/10/2008 08:31


difficile en réalité de trouver l'information répondant précisément à votre question ; mais il semble en effet que dans les villes de moins de 200 000 habitants il n'y ait qu'un tour, et c'est
alors le candidat détenant le meilleur pourcentage de votes qui l'emporte.