Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

SP : une petite faim ?

4 Octobre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Papilles & Pupilles

Après les nourritures intellectuelles, place aux nourritures terrestres ! Accompagnée par mes hôtesses et guides locales, Raquel et Gabriela, je me suis rendue dans un endroit qui suscitait la curiosité de l’incorrigible gourmande que je suis, un lieu plein de vie, de couleurs et de saveurs… j’ai nommé le « Mercadão Municipal » : les « Halles » locales, un « ventre de São Paulo » dont Zola aurait aimé l’effervescence et la gouaille de ses personnages…


Je retrouve avec le plus grand bonheur un peu de l’ambiance du « Mercato delle Erbe » où j’aimais me promener à Bologne : petits étals débordants de produits appétissants, commerçants affairés, connaissant leur marchandise en vrais professionnels, clientèle d’une rare exigence, tentant toujours de faire baisser les prix (on ne sait jamais, au cas où ça marcherait), odeurs variées de poissons, viandes et détritus, bruit de fond et animation…



 

Principale composante de ce marché, la cuisine méditerranéenne : huiles d’olive, salaisons, « bacalhau » (« morue », produit-phare de la gastronomie portugaise), fromages d’importation (et le Roquefort voyage jusqu’ici) et locaux (dont le fameux « queijo mineiro », ingrédient principal du non moins célèbre « pão de queijo »)…




 

Au rayon boucherie, beaucoup de porc (qui, dans la « feijoada », le plat national, se partage la vedette avec les haricots rouges), sous toutes ses coutures : pieds, genoux, têtes… rien n’est laissé de reste !




 















Au rayon poissonnerie, les fruits de mer ont la part belle : les crevettes grises et leurs grandes sœurs, les gambas, vont alimenter les « churrascos » (BBQ brésilien), et, depuis que j’ai appris qu’ici le calamar s’appelait « lula », comme le président de la république, je ne peux plus voir un communiqué présidentiel sans penser à ce charmant et visqueux céphalopode…





 

Raquel et Gabriela m’emmènent au « Hocca Bar », le «must » incontournable du Mercadão, manger un « pastel de bacalhau » (beignet de morue), spécialité de la maison qui déplace les foules ; en effet, le pastel mérite le détour ! d’une texture parfaite, ni trop sec ni trop gras, et avec une farce délicieusement parfumée aux oignons et aux herbes…




Dégusté sur le bord du comptoir, accompagné d’un jus de « cajù », ce « pastel de bacalhau» me donne l’impression de plonger au cœur des racines portugaises du Brésil.

 

Vient ensuite le tour des fruits, et là c’est l’explosion de couleurs et de saveurs nouvelles : le marchand de fruits de l’étal auquel nous nous arrêtons se montre très commercial, et me fait goûter tout ce qui intrigue mes pupilles avant de séduire mes papilles :  je découvre toutes sortes de fruits dont j’ignorais même l’existence, et, tour à tour, « mangostin », « maracujá », « nespera », « jambo » et « jabuticaba » ravissent mon palais :

 

-          le « mangostin » est un fruit du Nord-Este, rond et violet, avec un cœur blanc semblable à du coton, que l’on retire pour ne manger que la chair, juteuse et sucrée à souhait…



 

-          le « maracujá » est ce que l’on appelle en Europe « fruit de la passion » : ici ce sont de petits « maracujás », que l’on décalotte et dont on déguste à la petite cuillère la chaire un peu fibreuse et les graines croustillantes…

 


 

En face, une sorte de fontaine de chocolat prépare des fondues que l’on accompagne de fruits :




les Brésiliens raffollent de desserts très sucrés, et, à mon grand regret, il est très difficile ici de trouver du chocolat avec une teneur en cacao supérieure à 60%...

 

A l’étage, des cafés, bondés, permettent de déjeuner une fois ses achats terminés, mais nous ne trouvons pas de place libre, même pour prendre un « cafezinho « , qui aurait conclu en beauté ce repas sur-le-pouce.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article