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SP : Musées, musées, musées

4 Octobre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Voyages - voyages

En parlant de musées, il faut savoir que São Paulo en compte 71 : il m’a donc fallu choisir, et j’ai essayé de varier les plaisirs…

 

A commencer par l’incontournable MASP, le Museu de Arte de São Paulo, qui abrite, dans un bâtiment controversé de l’architecte Lina Bo Bardi, une très belle collection d’art occidental et brésilien en trois sections :

 

-          « Virtude e aparência » rassemble des bijoux de la Renaissance italienne (entre autres, un magnifique « tondo » de Botticelli, et des icônes du XIIème siècle) et de splendides œuvre des Raffello et du Greco ;

 

-          « A Natureza das Coisas » retrace l’histoire du paysage et de la nature-morte, avec une importante collection d’impressionnistes et avant-gardistes français (Monet, Van Gogh, Renoir, Matisse, Picasso…) et des « marines » d’artistes brésiliens ;

 

-          « A Arte do Mito » interroge la mythologie dans l’art à travers des œuvres de Nicolas Poussin, Matisse et Picasso ;

 

Rassasiée par cette collection permanente déjà très dense, je n’ai fait qu’un rapide tour à l’exposition temporaire sur l’expressionnisme allemand (dont je ne suis pas particulièrement amatrice, si ce n’est de quelques esquisses de Schiele).

 

L’Estação da Luz,  une gare ferroviaire ouverte au public en 1901, fut construite par la São Paulo Railway Company sur le modèle des structures anglaises de Big Ben et de l’Abbaye de Westminster ;



ralliant la région productrice de Jundiaí au port d’export de Santos, elle était au cœur de l’économie du café jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, avant d’être remplacée par les transports aériens et routiers ; elle abrite toujours aujourd’hui une gare de trains métropolitains (équivalents du RER parisien) et le Museu da Lingua Portuguesa.

 

Ce dernier retrace sur une longue frise l’histoire de la langue portugaise, depuis la naissance de la famille indo-européenne, puis des langues romanes dérivées du latin (italien, espagnol, portugais, français, et roumain) à la colonisation et à l’immigration, qui ont fait du brésilien un portugais d’une extrême richesse lexicale, empruntant de nombreux termes aux langues indiennes indigènes (en particulier le « tupi » et le « guarani ») et à celles des immigrés débarqués à partir de la moitié du XIXème siècle.

 

Une exposition temporaire rendait hommage à Machado de Assis, un écrivain « carioca » de la seconde moitié du XIXème siècle qui a marqué la littérature brésilienne et dont je vous reparlerai bientôt, car c’est ici un classique parmi les classiques, et que l’on fête cette année le centième anniversaire de sa mort.

 

Faisant face à l’Estação da Luz, la Pinacoteca do Estado est un bel édifice néoclassique rénové avant son inauguration en 1998 :



Ce musée met à l’honneur l’art brésilien du XIXème siècle (j’y ai ainsi découvert les peintures de José Ferraz de Almeida Junior, et en particulier une « Saudade » fort émouvante), les sculptures d’artistes français (Victor Brecheret, Camille Claudel et Auguste Maillol) et toute une collection d’art moderne et contemporain, occidental et brésilien : l’occasion de retrouver un artiste qui m’avait déjà séduit au MASP, Wega Nery.

 

Le Memorial da America Latina est une création d’Oscar Niemeyer, dont la fameuse « main » est devenue l’emblème.



Il abrite le Centro de Estudos Latino Americano, qui possède un auditorium, , organise des concerts et des expositions d’artisanat du Brésil et d’autres pays d’Amérique Latine.


Le jour où j’y suis allée, un quart d’heure avant la fermeture, j’ai pu visiter un exposition très intéressante de l’artiste colombien Santiago Plata dédiée à l’ « América do Sul Rupestre » : ce dernier est parti, seul sur sa bicyclette, sur les traces des ancêtres de l’Amérique Latine ; d’un site préhistorique à l’autre, il a récolté, au moyen de la technique du frottage, des dessins vieux comme le monde ; tentative d’arrêter le temps et de récolter un peu de mémoire contre l’usure et les intempéries…



 

Enfin, le Museu Afro-Brasil, au sein du Parque do Ibirapuera, rattache le Brésil à ses racines africaines, avec une collection permanente qui retrace l’histoire de la présence africaine au Brésil, et des expositions temporaires qui mettent à l’honneur des artistes afro-brésiliens, comme Rubem Valentim, qui avait déjà suscité ma curiosité à la Pinacoteca avec une œuvre au confluent des trois racines du Brésil (indienne, africaine et européenne) ; le jour où j’y suis allée, le Museu Afro-Brasil proposait, entre autres, une intéressante exposition sur le Bénin (un des pays qui a fourni le plus de « main d’œuvre » au Brésil lors de la traite esclavagiste).

 

Bref, je m’en suis mis plein les yeux et plein les neurones.

 

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