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SP: Babel sud-américaine

4 Octobre 2008 , Rédigé par Passerelle Publié dans #Il était une fois...

São Paulo s’est construite avec l’immigration, et fait aujourd’hui figure de véritable creuset : population indiennes, européennes, asiatiques et africaines s’y mêlent et s’y confondent, mais l’on peut tout de même distinguer plusieurs communautés dominantes :

 

-          les Italiens, d’abord, arrivés en force entre la fin du XIXème siècle et la moitié du XXème siècle, pour alimenter les fazendas de café demandeuses de main-d’oeuvre après l’abolition de l’esclavage en 1889 ; à São Paulo, les Italiens se rassemblaient dans les quartiers de Bixiga (ou Bela Vista), Brás et Mooca ; anciennement enclaves italiennes au cœur de São Paulo, ces quartiers n’ont gardé d’italien que leur réputation, et ne retrouvent leur « italianità » qu’une fois l’an, lors de fêtes traditionnelles comme celle de Nossa Senhora Achiropita au mois d’août par exemple…

L’immigration italienne a ainsi marqué la construction de São Paulo au point qu’aujourd’hui environ 60% de ses habitants ont une ascendance italienne, et que c’est la deuxième ville au monde pour la consommation de pizza !

 

-          parmi les autres communautés européennes, on recense principalement Portugais, Juifs (concentrés dans le quartier du « Bom Retiro »), Allemands, Espagnols, Lituaniens et Arméniens.

 

-          la communauté arabe, composée principalement de Libanais et de Syriens, a pris ses quartiers autour de la Rua 25 Março, une rue très animée de commerces variés, et a introduit à São Paulo le kebab (en portugais, « quibe ») et d’autres spécialités désormais intégrées à la culture culinaire brésilienne ;

 

-          la communauté japonaise paulistaine est la plus importante diaspora hors du Japon ; elle se concentre dans le quartier de « Liberdade », qui fera à lui seul l’objet d’un billet, car il conserve une atmosphère des plus pittoresques, d’autant plus que l’on fête cette année le Centenaire de l’immigration japonaise au Brésil.

 

-          l’arrivée d’immigrants d’autres régions du Brésil, Nord-Estins originaires du Pernambuco, de l’Alagoas, de Bahia ou du Nord du Minas Gerais a apporté un flux de populations défavorisées et nord-africaines qui ont alimenté la naissance et la croissance des favelas.

 

Le « Memorial do Imigrante » rend hommage à ces communautés d’immigrés qui ont construit l’histoire de São Paulo. Le musée présente une collection permanente de documents et photographie, et des animations interactives (vous pouvez ainsi retrouver la trace de vos ancêtres débarqués à São Paulo au début du siècle !).

 

Mais l’histoire du bâtiment à elle seule mérite le détour : anciennement « Hospedaria dos Imigrantes », construit en 1887, c’était un lieu de rétention et de transit pour les candidats à l’immigration. Après de stricts examens d’hygiène, pain et couvert étaient offerts pendant six jours maximum, dans l’attente d’un contrat de travail. Les gigantesque dortoirs et cantines font penser à une prison plus qu’à une « auberge », et jusqu’à 10 000 personnes ont pu séjourner en même temps dans ce centre censé en accueillir 4 000…

 

La visite, plutôt rapide, n’en est pas moins émouvante, à la vue des photos et à la lecture des témoignages de ces étrangers débarqués pour tenter leur chance au Nouveau Monde, les yeux remplis d’espoir et de nostalgie…

 

Mais le musée, créé en 1998, n’occupe que 30% des locaux de l’Hospedaria, qui conserve aujourd’hui, avec l’Association Internationale « Arsenal de Esperança »  sa mission d’accueil des immigrés, en abritant sans-abris, sans-papiers et réfugiés politiques.

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