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« Que diable allait-[elle] faire dans cette galère » ?

7 Septembre 2008 , Rédigé par Passerelle

Nous autres citoyens européens de l’ère Schengen, nous n’avons pas besoin de tant de formalités : à l’heure de la libre circulation des voyageurs et des marchandises, il suffit d’une carte d’identité, et ça roule ma poule !

 

Mais dès qu’il s’agit de sortir de l’Union Européenne, ça se complique : je m’en vais vous raconter les (més)aventures d’une française au pays de la bureaucratie brésilienne…

 

Tout a commencé avant même mon départ, lors de ma demande de visa au Consulat Général à Paris : il n’existe pas de visa correspondant au statut double de lectrice (= enseignante) et d’étudiante ; j’en ai donc été quitte pour patienter pendant que mon cas (« très compliqué » selon l’employée qui s’occupa de moi) était soumis au jugement du Consul : finalement, je suis partie avec un visa de type I au lieu d’un visa de type IV ; pour moi ça ne change pas grand’chose, pour ma bourse c’est 16 euros de plus, mais, si ça commence comme ça, je me dis que je ne suis pas au bout de mes soucis…

 

Une fois débarquée à Sao Paulo, et mon entrée enregistrée à l’aéroport, je dispose de 30 jours pour me rendre auprès de la Policia Federal et me faire inscrire au registre des étrangers. J’y me suis donc rendue mardi à la division de la Policia Federal de Campinas, accompagnée de Gabriele, car mon portugais, bien qu'en progrès continu, n'est pas encore assez consolidé pour me permettre de me débrouiller dans le dédale des autorités !

 

J’ai donc gagné le droit de remplir un formulaire, d’aller à la mairie faire des photocopies authentifiées de mon passeport, chez un photographe faire des photos d’identité, d’imprimer deux formulaires avec lesquels aller ensuite à la banque payer deux taxes pour un total s’élevant presque à 200 reais (environ 80 euros), et de retourner à la Policia Federal.

 

Vendredi donc, re-belote, nous retournons à Campinas, où, à 11h20, nous trouvons les bureaux de la Policia Federal fermés : eh oui, ces messieurs n’accueillent le public que de 8h à 11h et de 14h à 17h… voilà un temps de travail qui laisserait songeurs MM. Fillon et Sarkozy !

 

Nous en sommes quittes pour patienter jusqu’à la réouverture des bureaux, dans un quartier sans grand intérêt ; un café, un autre café… l’heure tourne et enfin il est 14h, et assez rapidement mon tour de passer. L’employée, dont le travail est pourtant, par essence, de s’adresser à des étrangers, se montre particulièrement revêche et antipathique, ne faisant aucun effort pour parler lentement et articuler ; mais quand elle s’aperçoit, en regardant mon passeport, que je suis née à Grenoble, alors son visage s’illumine : sa fille a passé un an là-bas et semble garder un très bon souvenir de son séjour grenoblois à « Piamendance » (après un instant de perplexité, je comprends « Pierre Mendès France », qui est la fac de langues de Grenoble). Rayonnement de la France à l’étranger ? Il s’agit plutôt d’un traitement à la tête du client…

 

Après vérification de tous les documents et reproduction des empreintes digitales (de tous les doigts de la main gauche ET droite !), j’obtiens enfin une carte de séjour… provisoire, appelée « protocolo » ; ma carte de séjour définitive, elle, ne me sera délivrée que dans… six mois !

 

Avec ce « protocolo », je peux me rendre ensuite à la Receita Federal, pour obtenir un CPF, l’identifiant fiscal qui me permettra, ensuite, d’ouvrir un compte dans une banque. Mais avant cela, il me faut attendre d’avoir ma « matricola » de l’Université, ce qui signifie encore paperasse, bureaucratie & Cie… je n’en ai donc pas fini !

 

Si l’on ajoute à cela ma quête éperdue d’un logement décent, je viens de passer une semaine à courir d’un endroit à l’autre, d’un bus à l’autre, patienter, retirer des formulaires, re-patienter, remettre les formulaires, sous l’œil de fonctionnaires peu amènes et une température avoisinant les 35°C.

 

« Bem-vinda ao Brasil ! »

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